M.V. IV : L'équilibre de la terreur

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M.V. IV : L'équilibre de la terreur

Message par Maître de Veranda le Jeu 28 Juil - 3:23

- Papa ! Papa !

Sortant d’un fourré à toutes jambes, un enfant de six ans courait vers l’homme s’avérant être son père, assis sur un rocher un peu plus loin. Le sorcier, habillé de vêtements bon marché, couleur terre, arrêta alors sa méditation pour reporter son attention vers son fils, plein d’enthousiasme. Apparemment, il avait trouvé quelque chose et voulait absolument que son père le vît, ainsi dût-il suivre les traces de sa progéniture à travers les bois. Il fallut néanmoins une bonne demi-heure de marche pour que tous deux arrivassent sur le terrain de jeu du futur sorcier. Un terrain rempli de magie, jadis prestigieux, et surtout jonché de cailloux. Mais si l'enfant ne savait pas où il se trouvait et s'extasiait devant ces pierres disposées les unes sur les autres, parfois même à côté, l'homme, lui, connaissait toute l'histoire de cette région, au Nord de l'Angleterre. En Ecosse.

- Tu vois, avant, ici, c'était Poudlard, expliqua-t-il gentiment. Tous les enfants y étudiaient dès qu'ils atteignaient l'âge de onze ans.

- Tu es aussi venu ici ?

Le sorcier acquiesça. Bien sûr qu'il était déjà venu ici ; auparavant c'était une des écoles de sorcellerie les plus réputées au monde. A la vue de ces ruines, bien sûr, l'homme sentit un courant de nostalgie le traverser, se remémorant ses plus belles années : ses années à Poudlard. Il était même tellement absorbé par ce tableau qu'il ne remarqua pas aussitôt celui qui approchait. Celui qui, par inadvertance ou par curiosité, s'aventura près de ces ruines sacrées. Celui qui, armé d'une fourche, écarquilla les yeux lorsqu'apparurent devant lui, comme par magie, deux étrangers et un ancien château. Celui qui, emporté par la terreur, s'élança vers l'enfant pour l'embrocher de la manière la plus violente et bestiale possibles.
A cette vision d'horreur succéda un éclair vert, et de longs sanglots se firent entendre tout au long de la nuit.


---------------------------------------------------------------------------------------

- Ils sont là, monsieur.

Levant les yeux du document qu'il feuilletait en attendant, Oliver Telford sourit à la secrétaire, qui s'éclipsa quelques instants après en faisant résonner ses talons contre le sol marbré. Le bureaucrate rangea alors ses dossiers dans sa vieille serviette et alla rejoindre ses trois invités, qui patientaient debout au milieu de l'atrium, près de l'immense statue à la gloire de la Magie. Stéphane Fovrai, Lou Delpierre et Magalie Rowen avaient en effet été convoqués en début de soirée au ministère de la Magie pour une enquête concernant l'avenir de l'enseignement de la sorcellerie en Grande-Bretagne. Le dossier que constituait Oliver était censé préparer la construction d'une nouvelle école, mais tout le monde savait que c'était en fait une pile de documents et de divers témoignages destinés à convaincre quiconque qu'après les échecs successifs de Poudlard et Veranda Bolsd, dorénavant, ce genre d'établissements ne devaient plus exister. Et autant dire que le pari était quasiment gagner d'avance... La seule chose qui manquait était la retranscription écrite de l'avis et des souvenirs de certains élèves et professeurs, tirés au sort par la main plus ou moins innocente de l'inspecteur. Aujourd'hui c'était au tour de Stéphane, Lou et Magalie, mais d'autres allaient suivre, tout comme il y en avait encore eu d'autres auparavant. Cette fois-ci il n'y avait qu'une différence : le professeur Dablord ayant disparu depuis à présent deux ans, l'ancien Directeur Adjoint allait être le porte-parole officiel de Veranda Bolsd.

- Oliver Telford, inspecteur académique, se présenta l'homme en charge du dossier lorsqu'il se trouva en face du trio. Enfin... Nous nous sommes peut-être déjà rencontrés à Veranda Bolsd... Vous savez, la mémoire des noms, hein !

Il ne lui semblait pas avoir déjà vu Magalie et Lou en-dehors de photos, mais en tout cas, il se souvenait parfaitement de Stéphane Fovrai, pour lui avoir très brièvement parlé ici-même : au ministère de la Magie. Mais ils allaient avoir l'occasion d'arranger les choses, de rattraper le temps perdu ; ils avaient même toute la soirée et toute la nuit pour devenir amis ! - ou ennemis, bien entendu. Cependant, pour le moment, il était temps de suivre Oliver et de descendre à l'avant-dernier niveau ; il fallait par conséquent se rendre à l'ascenseur. Bonne nouvelle, les lieux étaient quasiment déserts, et pour cause : c'était un dimanche soir, en plein milieu des vacances des bureaux. Il n'y avait donc personne pour faire la queue, pas plus qu'il n'y avait de monde au poste de garde installé juste avant les ascenseurs.

- Veuillez déposer vos baguettes dans ce panier, s'il vous plait.

Le sorcier, un béret sur la tête indiquant son appartenance à la brigade de police magique, n'avait pas l'air de plaisanter. Si cette procédure ne devait être familière à aucun des trois visiteurs, c'était à cause de sa nouveauté : le bureau des aurors était en effet encore plus sur le qui-vive maintenant que celui qui se faisait passer pour Lord Mystago avait été tué. Car oui : Lord Mystago courait toujours, tout comme le meurtrier de monsieur Quinn, ce qui faisait bien sûr la Une des journaux. On avait ainsi radicalement augmenté la sécurité du ministère : tous les sorciers devaient se séparer de leur baguette dès lors qu'ils allaient au-delà de l'atrium ; ils ne pouvaient récupérer leur bien qu'à leur sortie.

- Votre promenade au clair de lune à Veranda Bolsd a fait une forte impression à la communauté, professeur, commenta Telford lorsqu'ils furent dans l'ascenseur. Et il ne rajouta rien de plus avant que la voix désincarnée de l'habitacle annonçât le niveau 2 : département de la justice magique.

Le trio suivit le bureaucrate sur de longs couloirs avant d'arriver à un groupe de bureaux un peu à l'écart des autres, où se trouvait notamment celui de Telford et une salle de réunion relativement petite. Ce fut dans cette dernière pièce qu'ils entrèrent. Une pièce sombre, au milieu de laquelle figurait une table ovale avec huit sièges autour. Deux grandes fenêtres donnaient sur le couloir, alors qu'une petite permettait d'admirer l'illusion de Londres au-dehors. A l'intérieur, l'inspecteur laissa son manteau sur un fauteuil, sortit ses dossiers et commença à recueillir tout un tas d'informations sur l'enseignement et la vie à Veranda Bolsd...

Une bonne heure passa en palabres avant qu'un sorcier ne frappa pour entrer, juste au moment où tout un remue-ménage se faisait entendre dans les couloirs.


- Eh ! Vous avez entendu la nouvelle, Oliver ? lui lança l'autre employé, la mine décontenancée. Il paraît qu'un gamin s'est fait tué à Poudlard ! Enfin, ce qu'il en reste... Mais le plus étonnant, ce n'est pas autant sa mort que celui qui l'a tué : un Moldu, paraît-il ! D'ailleurs le père l'a abattu aussitôt... Ils ont mis tout le niveau 3 sur le coup, mais 'y a quand même quelques aurors qui ont été envoyés pour enquêter...

L'information transmise, le sorcier disparut aussitôt en laissant la porte claquer pour aller mettre d'autres personnes au courant. Il était vrai que même en ruines, Poudlard restait protégé par une multitude de sortilèges ; aucun Moldu n'étant censé pouvoir se rapprocher de l'enceinte du château, toujours dissuadé par un oubli ou la simple illusion qu'il n'y avait strictement rien dans cet endroit. Le simple fait qu'un Moldu ait pu pénétrer dans cette zone remettait en cause toute la sécurité de tout le monde magique : soit les sortilèges devenaient à terme obsolètes, soit ils avaient été volontairement levés par un groupe de sorciers, ou soit le Moldu avait été mis au courant par quelqu'un.

- C'est pas tout ! reprit finalement l'employé en rouvrant la porte de la salle à la volée. Apparemment 'y a eu d'autres cas ailleurs, dans des endroits normalement inaccessibles aux Moldus ! J'vais aller le dire à Peter !

Le colporteur de nouvelles à nouveau parti, Oliver Telford soupira, les yeux fixés vers la table. En fait, il ne savait pas trop quoi en penser : si les Moldus découvraient les uns après les autres l'existence de la Magie, cela allait être la panique totale. Les sorciers allaient se faire sans cesse attaquer par peur, se sentir agressés sans raison, et surtout cela déclencherait une guerre qui ferait fatalement des morts dans les deux camps. Avec la menace « Mystago » omniprésente, ils n'avaient vraiment pas besoin de ça maintenant...

- Bon, on reprend ? Où en étions-nous donc... ?

TuuuuuuuuuuuuuuT
TuuuuuuuuuuuuuuT
TuuuuuuuuuuuuuuT
TuuuuuuuuuuuuuuT



« Le ministère de la Magie est mis en quarantaine. Veuillez ne pas quitter votre position actuelle. »

L'inspecteur Telford lâcha sa plume. En quelques instants, une alarme stridente et la voix désincarnée de l'ascenseur lui avaient fait perdre tous ses moyens - et tous les extraits de discours qu'il avait préparés spécialement pour le professeur Fovrai. A présent debout devant la table de réunion, il se repassa en tête la nouvelle procédure, inédite, qui avait été mise en place en cas « d'incident majeur au sein du ministère ».

- On ne peut plus sortir d'ici ! Tous les accès à tous les niveaux sont condamnés !

Si le bureaucrate était habituellement à l'aise dans un bureau, se savoir enfermé pour une durée indéterminée sans savoir pourquoi le mettait hors de lui. Et cette alarme qui ne s'arrêtait pas... Et cette annonce qui se répétait sans cesse... Mais que fallait-il vraiment faire en cas de quarantaine ? Suivre les instructions, ou bien aller voir ce qui causait tous ces problèmes ?

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Re: M.V. IV : L'équilibre de la terreur

Message par Lou Delpierre le Jeu 28 Juil - 20:08

Clac, clac, clac... ainsi résonnèrent les talons de Lou Delpierre alors qu'elle pénétrait dans le hall du ministère de la magie. La sorcière marqua un temps d'arrêt et demeura pensive un instant. Elle n'avait pas remis les pieds dans cet endroit depuis qu'elle avait quitté son poste au ministère pour devenir professeur de soins aux créatures magiques à Poudlard. Il lui semblait que celà remontait à une éternité et elle ne pensait pas être amenée à revenir au ministère avant un long moment. Néanmoins, l'arrivée d'un hibou le matin même avait quelque peu bouleversé ses plans. Celui-ci lui avait apporté un parchemin la convoquant au ministère le soir même dans le cadre d'une enquête relative à l'avenir de l'enseignement de la magie en Grande-Bretagne.
Miss delpierre fut tiré de sa rêverie en entendant des pas derrière elle. Elle tourna la tête pour apercevoir deux têtes connus. Un sourire se dessina sur ses lèvres en apercevant Stéphane Fovrai qu'elle n'avait pas revu depuis la destruction de l'école. La demoiselle arrivée au même moment que lui était, quant à elle, une des élèves que Lou avait eu dans son cours. A la vue de ces têtes familières miss Delpierre ouvrit la bouche pour les submerger de son habituel flot de parole:

- Mister Fovrai! Quel joie de vous revoir! Il ne me semble pas vous avoir depuis des lustres... depuis les malheureux événements à l'école me semble t-il. Non? Quel malheur, quand même. vous ne pouvez savoir combien je regrette le temps de Veranda Bolsd. Et les autres professeurs, avez vous eu des nouvelles d'eux? Quant à vous miss... euh... Rowen, n'est ce pas? C'est une grande joie de revoir une de mes anciennes éléves. Vous avez également été convoqué pour cette histoire d'enquêtes? Je me demande bien ce qu'ils nouveulent quand même. Enfin ça fait une petite sortie, n'est ce pas? Pour ma part je n'ai guère d'occupations depuis... enfin bon.

Le flot de parole s'éteignit enfin, pourlaisser à ses interlocuteurs l'occasion de placer un mot. Quelques paroles échangés, ils allèrent tous s'annoncer. Quelques minutes plus tard, un homme s'approcha d'eux et se présenta. Les trois invités firent de même, y compris miss Delpierre qui déclara:

- Bonjour. Je suis Lou delpierre. Il ne me semble pas vous avoir croisé non plus. Enfin, vous savez, ma mémoire me joue parfois des tours alors... en tout cas c'est un plaisir de vous rencontrer.

Aprés avoir été contraint de déposer leurs baguettes en raison des mesures de sécurité, ils suivirent tous Olivier Telford à tavers les couloirs et acenseurs du ministère jusqu'à une petite salle de réunion. Durant ce trajet miss Delpierre demeura silencieuse. Traverser ces lieux l'amenait à se remémorer les qualques temps où elle avait travaillé ici. Elle y avait quelques bons souvenirs... des mois bons aussi... il faut dire que son fichu caractère n'avait pas toujours rendu ses rapports avec ses collègues des plus cordiaux.
La salle dans laquelle ils arrivèrent était plutôt etite et bien trop sombre aux goûts de miss Delpierre qui préférait les lieux lumineux et colorés. Au milieu de la pièce se situait une table ovale autours de laquelle était disposée huit sièges. avant même d'avoir été invitée à s'asseoir la sorcière se laissa tomber dans un des sièges. Monsieur Telford n'avait tujours pas eu le tmeps de les inviter à s'asseoir qu'elle tourna la tête vers lui pour demander avec curiosité:

- Bon alors, qu'est ce qui nous amène ici exactement? C'est par rapport à l'école n'est ce pas? Parce que, désolé, mais je ne vois pas trop en quoi nous pouvons aider. Hormis Stéphane bien entendu, en sa qualité d'ancien directeur adjoint, je suppose qu'il peut vous être utile dans voter espèce de euh... d'enquête. Enfin, je suis ravie d'être ici quand même.

Une fois tous installés, leur interlocuteur leur posa diverses questions sur la vie à Poudlard, les cours. Miss Delpierre bien que pleine d'enthousiasme dès que l'on évoquait la vie à l'école, ne fut certainement pas d'une très grande aide pour la défense des écoles de sorcellerie. A écouter parler à tors et à travers cette sorcière vêtue d'une robe extrêmement barriolée, on était surtout amené à s'interroger sur le choix des enseignants qui avait été fait à Veranda Bolsd.

Une heure passa ainsi. Olivier Telford posait de nombreuses questions auquelles tentaient, tant bien que mal, de répondre Lou Stéphane et la jeune Magalie. Magalie était en train d'expliquer les cours qu'elle avait trouvé le plus intéressant à l'école lorsque du remue ménage se fit entendre dans le couloir. Lou tourna la tête vers la porte d'un air très surpris. Quelques coups brefs se firent entendre contre le bois de la porte avant que elle-ci ne soit ouverte par un employé du ministère à l'air très inquiet.

- Eh ! Vous avez entendu la nouvelle, Oliver ? Il paraît qu'un gamin s'est fait tué à Poudlard ! Enfin, ce qu'il en reste... Mais le plus étonnant, ce n'est pas autant sa mort que celui qui l'a tué : un Moldu, paraît-il ! D'ailleurs le père l'a abattu aussitôt... Ils ont mis tout le niveau 3 sur le coup, mais 'y a quand même quelques aurors qui ont été envoyés pour enquêter...


A mesure qu'elle entendit ses mots, ma mine de miss delpierre évolua. Elle sembla passer par toutes les couleurs,: blanchit, verdit, rosit... ses sourcils se froncèrent, sa bouche s'arrondit en "oh" muet. Les pensées se bousculaient dans l'esprit de la jeune femme. Comment un moldu avait-il pu s'approcher de Poudlard? C'était tout bonnement impossible avec les poections... à moins que... oui bien sûtr s'il avait été mis au courant... mais... mais par qui? Et puis quand bien même pour quoi s'en prendre ainsi à cet enfant? c'estait... atroce... oui atroce c'est le mot. Elle ouvrit la bouche prête à dire quelques mots lorsque la porte se rouvrit à la volée, laissant réapparaître l'employé du ministère.

- C'est pas tout ! Apparemment 'y a eu d'autres cas ailleurs, dans des endroits normalement inaccessibles aux Moldus ! J'vais aller le dire à Peter !

Les yeux de miss delpierre se fermirent un instant. Elle déglutit, visiblement avec difficulté. Il faut dire que les nouvelles étaient durs à avaler. Elles laissaient présager d'un avenir encore plus sombre que cela n'était déjà le cas avec la menace de lord mystago. Si l'existence de la société des sorciers venait à être dévoilée au grand jour cela créerait certainement un vent de panique dans la société des moldus. Merlin ce qui pourrait découler de cette panique. Des attaques... d'autres meurtres peut-être. Et alors... alors... la guerre. Et les sorciers anti-moldus, les adeptes du sang pur qui en profiteraient pour asseoir leur théorie sur la supériorité des sorciers sur les moldus. Comme un boomerang lui revint en mémoire les souvenirs des réactions de sa famille lors de ses fiançailles avec un moldu. Le souvenir du corps de celui-ci retrouvé sans vie suite à un sort interdit lancé fort probablement par l'un même des membres de sa famille. Si une guerre ouverte venait à naître entre sorciers et moldus, des drames de ce genre seraient monnaie courant et ça elle ne pouvait en supporter l'idée. Un instant ses yeux s'embuèrent de larmes mais elle serra les dents et fit bonne figure alors que leur interlocuteur tentait de reprendre le fil de leur conversation.

Ce fut alors qu'une alamre au son insupportable se fit entendre suivie d'une annonce indiquant que le ministère était mis sous quarantaine.

- Sous quoi????? Hurla Lou à l'idée de rester coincée ici pour une durée indéterminée.

Olicvier Telford confirma néanmoins ses craintes en indiquant que tous les niveaux étaient condamnés et qu'on ne pouvait, jusqu'à nouvel ordre, sortir d'ici. Mis delpierre se releva de son fauteuril excédée et se mit à faire des allers-retours dans la pièce en grommelant.

- Coincée ici... non mais franchement... pas que ça à faire... et j'aimerai savoir ce qui se passe... franhcement je ne vois pas à quoi ça sert de rester enfermé ici... et cette alarme... bon sang si au moins ils pouvait faire taire ce truc... c'est insupportable... j'ai la tête qui va éclater...




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Re: M.V. IV : L'équilibre de la terreur

Message par Magalie Rowen le Lun 1 Aoû - 0:26

- Comment ça c'est impossible ?

- Navré, monsieur Rowen, mais c'est un rendez-vous auquel vous n'avez pas été convié...

- Je refuse de laisser ma fille y aller seule !

Magalie restait silencieuse à côté de son père face à cet échange électrifié entre lui et un responsable de la sécurité du Ministère de la Magie. Depuis les évènements qui s'étaient produits à Veranda Bolsd, la Poufsouffle s'était renfermée sur elle-même et était devenue très timide et énormément peureuse. Un rien lui faisait peur, et malgré tous les efforts de son père pour lui redonner l'énergie qui l'emplissait jusque là, la jeune fille refusait d'aller de l'avant. Même ses yeux, autrefois bien plus expressifs que ceux de n'importe quelle personne, avaient perdu leur éclat. En fait, Maggie donnait l'impression d'être là sans vraiment être là. C'était d'ailleurs sûrement pour cela que la pauvre enfant, du haut de ses 18 ans, avait était convoquée le matin même pour un entretient au Ministère de la Magie de Londres afin de faire le point concernant l'avenir de l'enseignement de la sorcellerie en Grande-Bretagne. Après tout, c'était l'exemple parfait de l'élève traumatisée par les évènements, la clef pour donner raison à tous ceux qui refusaient de recréer une école de sorcellerie. Et même si la petite fille était devenue grande, cela ne changeait en aucun cas les faits qui s'étaient produits...

- Pour des mesures de sécurité, même les personnes comme vous qui ont autrefois travaillé en ces lieux ne peuvent pas circuler sans autorisation. Les temps sont durs, monsieur Rowen, essayez de nous comprendre... S'il-vous-plait, veuillez vous assoir ici en attendant. Cela ne devrait pas durer trop longtemps...

Avec un grognement, Keith Rowen s'assit sur un banc placé non loin de là. Le responsable de sécurité indiqua à la demoiselle le chemin à suivre et retourna à son poste sans ajouter un mot. C'est donc plus stressée que jamais que Magalie s'aventura dans le plus important lieu magique de l'Angleterre. Elle n'avait jamais accompagné son père à son travail et n'avait encore jamais été convié pour un entretient, même juste après la destruction de Veranda Bolsd. Son père avait d'ailleurs jusque là fait en sorte qu'elle n'y ai jamais affaire et s'était lui-même occupé de sa formation magique. C'était donc une première pour Maggie et, cette fois-ci, impossible d'en échapper.
Au bout d'un moment, Maggie s'arrêta au milieu de l'allée. Il n'y avait pratiquement personne et elle avait l'impression d'être perdue. Alors qu'elle commençait à paniquer, elle croisa le regard d'une personne qui lui disait quelque chose. Mais oui ! Dans la lettre, il était précisé qu'elle ne serait pas seule, mais avec deux personnes. Et ces deux personnes étaient...


- Professeur !!!

Elle accourut vers Stéphane Fovrai, un de ses anciens professeurs et combattit de son mieux sa timidité.

- Professeur... S'il-vous plait, puis-je continuer le chemin avec vous ?... Je... Je ne sais pas vraiment où aller...

Le professeur en question lui parut surprit (à moins que ce ne soit autre chose, Maggie ayant du mal à distinguer les émotions des autres) et ils avancèrent tous deux de quelques pas avant de se faire interpeler par quelqu'un d'autre qui venait sûrement d'arriver. Et cette personne n'était autre que le deuxième professeur "invité" à cette entretient, Lou Delpierre ou la "Papotière", comme aimaient l'appeler certains élèves ; même si Maggie n'avait jamais comprit pourquoi. Enfin elle le comprit très vite lorsque cette dernière se mit à parler. Il était impossible de répondre à ses question ! La pauvre Poufsouffle, voulant se faire polie, avait essayé malgré tout de répondre...

- Oui, c'est ç... Merc... Oui, en effet, mai... A vrai dire, je...

Alors du coup, quand le professeur Delpierre leur laissa enfin l'occasion de s'exprimer, la jeune fille n'osa même pas souffler un mot et se contenta d'avancer près des deux adultes en se tenant à l'écart. Ce ne fut que lorsqu'un homme vint à leur rencontre et se présenta qu'elle osa lever son regard du sol.

- Je... Je suis Magalie Rowen... marmonna-t-elle en reposant son regard sur ses pieds.

Elle n'avait pas besoin d'en dire plus, puisque son ancien professeur de soins aux créatures magiques s'occupait de parler pour trois. Alors après avoir déposé sa baguette, tous suivirent sans broncher le dénommé Olivier Telford jusqu'à une salle de réunion où chacun prit place. Les paroles du professeur Delpierre esquissa un sourire à la frêle demoiselle. Elle ne manquait vraiment pas de toupet ! Elle n'avait jamais vraiment montré un tel caractère lors de ses cours, ce qui faisait tout drôle.
Une heure passa dans laquelle les discussions semblaient interminables. Lorsqu'elle parlait, Maggie n'espérait qu'une chose : que cet entretient se termine le plus vite possible ! Franchement, ce n'est pas en lui demandant comment elle vivait à Veranda Bosld qui vont tirer quelque chose d'intéressant...
Et c'est au moment où Maggie espérait le plus qu'on la sauve de toutes ces questions interminable qu'un homme surgit dans la salle comme si sa vie en dépendait.


- Eh ! Vous avez entendu la nouvelle, Oliver ? Il paraît qu'un gamin s'est fait tué à Poudlard ! Enfin, ce qu'il en reste... Mais le plus étonnant, ce n'est pas autant sa mort que celui qui l'a tué : un Moldu, paraît-il ! D'ailleurs le père l'a abattu aussitôt... Ils ont mis tout le niveau 3 sur le coup, mais 'y a quand même quelques aurors qui ont été envoyés pour enquêter...

Aussitôt venu, aussitôt repartit ! Magalie en resta abasourdie. Elle commença à avoir des frissons incompréhensibles. Comprenait-elle au fond d'elle-même ce que cela signifiait vraiment ? Malgré sont jeune âge, la demoiselle pouvait sentir ce que cela signifiait... et ce encore plus qu'avant, en particulier à cause les tournants qui avaient eu lieu à l'école de sorcellerie. Elle regarda les adultes : ils semblaient aussi choqués qu'elle, si ce n'est plus.

- C'est pas tout ! ajouta l'homme en rentrant une fois de plus dans la salle comme dans un moulin. Apparemment 'y a eu d'autres cas ailleurs, dans des endroits normalement inaccessibles aux Moldus ! J'vais aller le dire à Peter !

Et le voila repartit... Un silence aussi lourd que le plomb s'abattit dans la salle durant un temps indéterminé. Ce qui ce disait était-il aussi vrai que les quatre vies tourmentées dans cette petite salle ? C'était invraisemblable !

- C'est impossible... chuchota Maggie sans vraiment s'en rendre compte.

Si cela s'aggravait encore, qui sait ce qui pourrait ce passer ? Des conflits, qui mènerait sûrement à la guerre... Des frissons parcoururent une fois de plus le corps figé de la Poufsouffle. Et malgré tout, Olivier Telford essayait de continuer la discussion à l'endroit où elle s'était arrêtée. Pourquoi semblait-il aussi calme, alors que la situation est critique ? Enfin,... Son calme ne dura pas longtemps, son visage s'étant crispé à l'instant même où une alarme insupportable se mit à annoncer que le ministère était en quarantaine. En réalité, Olivier Telford ne fut pas le seul à être abasourdit par cette autre nouvelle. Tous eurent le visage décomposé à l'instant même où le mot "quarantaine" fut prononcé. Enfin, tous, Maggie n'y a pas vraiment fait attention. Mais c'est comme ça qu'elle voyait les choses, à présent. Pas la peine de se compliquer plus les choses qu'elles ne l'étaient déjà, on ne fait plus attention au détail...
Enfin bref, le simple fait de savoir qu'elle allait rester coincée ici pendant un temps improbable fit encore plus paniquer la demoiselle qui n'arrivait plus à savoir que faire. Oh oui, les choses avaient bien changées...
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Re: M.V. IV : L'équilibre de la terreur

Message par Stéphane Fovrai le Mer 3 Aoû - 21:23

Stéphane sortit de la cheminée et s’épousseta de la suie qui s’était accrochée à ses habits. Un tour de baguette et le voila de nouveau présentable, cape légère flottante dans son dos, le gilet gris saillant sa taille, son pantalon noir aussi lisse que de la soie se fripant juste au-dessus de ses chaussures clinquantes de cirages. Sa montre à gousset pendant à sa poche était une des rares coquetteries que se permettait le Français. Rangeant sa baguette à sa ceinture de cuir noir, Stéphane s’avança vers l’atrium, sentant en marchant la lettre dans sa poche, document reçu plus tôt dans la journée qui annonçait une convocation exceptionnelle à une enquête menée sur les établissements pédagogiques de Grande-Bretagne, une occasion pour Stéphane de tenter de nouveau d’ouvrir une école de sorcellerie privée qu’il pourrait diriger lui-même et à sa manière, il lui fallait apporter des éléments nécessaires à la conviction qu’une école de sorcellerie est nécessaire au pays, et qu’une école privée serait le meilleur choix. Alors qu’il avançait dans l’allée droit sur l’atrium, croisant quelques rares passants inconnus, il posa son regard sur une silhouette peu commune pour ces lieux, celles d’une jeune femme sortant de peu de l’adolescence. Reconnaissant la jeune Poufsouffle, l’ancien professeur sourit en la voyant se rapprocher de lui.

- Professeur !!!

- Miss Rowen, ravi de vous revoir, comment allez vous ? Et que faites-vous ici et seule ?


Répondant de son mieux, la timide demoiselle raconta l’objet de sa venue. Se remémorant la présence d’autres convoqués, Stéphane comprit qu’ils iraient tout deux défendre la cause du système pédagogique anglais.

- Professeur... S'il-vous plait, puis-je continuer le chemin avec vous ?... Je... Je ne sais pas vraiment où aller...

- Je connais assez bien les mieux pour être souvent venu ici. L’enquête devrait avoir lieu au niveau 2, allons tout d’abord à l’atrium avant de gagner l’ascenseur.



Les deux comparses s’en allèrent donc vers le grand atrium. Peu de temps fallut pour qu’une ancienne connaissance se fasse de nouveau connaitre, cette fois sous les traits d’un ancien collègue, certes charmant, mais collant…

- Mister Fovrai! Quelle joie de vous revoir! Il ne me semble pas vous avoir depuis des lustres... depuis les malheureux événements à l'école me semble t-il. Non? Quel malheur, quand même. Vous ne pouvez savoir combien je regrette le temps de Veranda Bolsd. Et les autres professeurs, avez vous eu des nouvelles d'eux? Quant à vous miss... euh... Rowen, n'est ce pas? C'est une grande joie de revoir une de mes anciennes élèves. Vous avez également été convoqué pour cette histoire d'enquêtes? Je me demande bien ce qu'ils nous veulent quand même. Enfin ça fait une petite sortie, n'est ce pas? Pour ma part je n'ai guère d'occupations depuis... enfin bon.

- Ah très chère Delpierre, la joie est réciproque ! Je n’ai que trop peu de nouvelles de nos anciens collègues, mais nous en reparlerons autour d’un verre plutôt qu’ici, cette enquête m’occupe trop l’esprit pour pouvoir ressasser les souvenirs passés.


Les retrouvailles faites, un homme vint quelques secondes après que Stéphane est briefer son équipe de convoquée sur « Comment défendre favorablement la cause d’une école de sorcellerie en Angleterre ». Stéphane se retourna pour voir enfin le nouveau venu qui n’était autre que cet enquiquineur d’inspecteur Telford.

- Oliver Telford, inspecteur académique. Enfin... Nous nous sommes peut-être déjà rencontrés à Veranda Bolsd... Vous savez, la mémoire des noms, hein !

- Bonsoir Monsieur Telford, oui en effet nos chemins se croisent, assez pour que je retienne votre nom et votre sympathie pour le système éducatif.


Stéphane se laissa guider par l’hôte de ces lieux en se convainquant de devenir « ami » avec ce personnage détestable. Suivant son ancien homologue et son apprentie du passé, Stéphane ferma la marche gardant contrôle de soi et ressassant ses arguments pour faire mouche. Un garde commença à faire son pitch sur les règles de sécurité et collecta les baguettes des visiteurs. Stéphane n’aimait vraiment pas rester sans baguette, surtout quand il se trouvait entouré d’auror, policiers et autre défenseurs du ministère, tous traquant les moindres faits et gestes de Lord Mystago. Mais mieux valaient ne pas faire le difficile et obtempérer, après tout, Lord Mystago n’avait pas prévu d’attaquer le ministère aujourd’hui…

Continuant la visite guidée offerte par Oliver, ils entrèrent dans l’ascenseur qui servait à les mener au niveau convenant à l’application de l’enquête. Mais le silence n’était pas prévu…


- Votre promenade au clair de lune à Veranda Bolsd a fait une forte impression à la communauté, professeur.

-Cette promenade, -comme vous dites-, n’avait aucun but de faire ma promotion. Elle a été forcée et je suis encore sous le choc de savoir qu’un des sbires de l’Indésirable Lord Mystago était aussi sur les lieux. Même s’il périt durant ce périple, je me sens de plus en plus paranoïaque, qui sait qui est avec lui et ce qu’ils peuvent faire…


La porte s’ouvrit, la voix retentit, et le groupe partit. Passant devant les bureaux, Stéphane se demande où diable les emmenait-il ? La réponse lui fut offerte en débouchant sur une petite salle comportement assez de chaises pour les belligérants. Oliver ne perdit pas de temps et lança l’enquête, Stéphane n’en perdit pas non plus en répondant en tac-o-tac, toujours dans la défense des écoles magiques et dans l’incitation à convaincre son interlocuteur d’ouvrir une école magique privée. Plusieurs minutes passèrent sans que Stéphane ne puisse s’en rendre compte, mais un élément perturbateur le coupa dans son argumentation sur l’utilité d’une école pour former à une vie professionnelle.

- Eh ! Vous avez entendu la nouvelle, Oliver ? Il paraît qu'un gamin s'est fait tué à Poudlard ! Enfin, ce qu'il en reste... Mais le plus étonnant, ce n'est pas autant sa mort que celui qui l'a tué : un Moldu, paraît-il ! D'ailleurs le père l'a abattu aussitôt... Ils ont mis tout le niveau 3 sur le coup, mais 'y a quand même quelques aurors qui ont été envoyés pour enquêter...


Stéphane se releva pour voir droit dans les yeux de l’employé, cherchant une preuve que ce qu’il venait d’entendre n’était pas le fruit d’hallucinations. Ouvrant de grands yeux horrifiés, Stéphane songea tout de suite à la mise en péril de ses différents repères. Si jamais des failles se révélaient dans ses défenses, ses hommes et créatures menaçaient d’être découvertes et misent hors-état, même par des moldus. Il fallait réagir, il ne devait pas laisser ce mystère planer. Même si aucun de ses espions ne l’avaient avertit de cette anomalie, il fallait enquêter et régler ce problème. Si les moldus découvraient leurs secrets, il en serait finit des sorciers… Même si Stéphane était pour l’anarchie et la chute du ministère, savoir que les moldus ignorant du monde de la magie serait un véritable désastre, il fallait s’en occuper ou une guerre serait inévitable, le sang coulerait trop… et inutilement.

- Monsieur Telford, même s’il est important pour moi de défendre le système pédagogique anglais et favoriser l’ouverture d’une école privée, je ne peux rester ici à palabrer alors que dehors, des moldus risquent de découvrir mon club de duel et certaines habitations familiales. Je ne peux rester les bras…

- C'est pas tout ! Apparemment 'y a eu d'autres cas ailleurs, dans des endroits normalement inaccessibles aux Moldus ! J'vais aller le dire à Peter !


L’homme qui venait de colporter cette nouvelle venait de disparaitre derrière la porte de la salle où se tenaient interrogées et interrogateur. S’en était de trop pour Stéphane, autant de problèmes dans la protection magique n’engendrait rien de bon et quitte à travailler main dans la main avec le ministère, il fallait protéger le monde magique, Stéphane relèguerai son coup d’état au second plan. Faisant tourner sa cape pour sortir, Stéphane posa la main sur la poignée de porte quand soudain, une sirène hurla dans tout le ministère. La voix annonçait une mise en quarantaine, les choses se présentaient mal. Stéphane cru même un moment qu’il fut démasqué, la sirène s’était déclenchée au moment où il sortait, mais apparemment, le problème était tout autre. Stéphane entendit les accès se bloquer, le voila avec ses condisciples enfermé au niveau 2 du ministère, sans pouvoir sortir et sans baguette…

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Message par Maître de Veranda le Jeu 4 Aoû - 23:39

- On peut… On peut peut-être aller voir dans le couloir ce qu’il se passe… tenta Oliver, tremblant, alors que le professeur Delpierre proposait de sortir. Néanmoins, un horrible cri provenu du couloir le fit à son tour hurler de terreur, l’envoyant finalement se cacher sous la table. AAAAAAAAAAH ! ON VA TOUS MOURIR !

Stéphane, juste devant la porte, ouvrit alors celle-ci pour faire face au danger : l’employé qui était passé quelques instants auparavant. L’homme en question, une longue – et relativement piteuse – veste marron lui descendant jusqu’aux chevilles, était plié de rire… et le fait que l’inspecteur académique ne daignait pas sortir de son bunker improvisé ne l’aidait pas à s’arrêter.

- Toujours aussi prévisible ! Vous lui tapez sur l’épaule dans le noir et il finit toujours à quatre pattes par terre !

Mais quand les autres le questionnèrent au sujet de cette mise en quarantaine, le sorcier, un certain « Albus », avoua ne rien y comprendre non plus. Selon lui, le peu de monde qu’il y avait au ministère ce jour-là était parti précipitamment pour l’affaire sur les Moldus – il y avait en effet plusieurs « lieux du crime » à inspecter –, et ils étaient à présent, eh bien… seuls. Il n’y avait strictement plus personne au niveau 2 du ministère de la Magie, si ce n’étaient Magalie, Lou, Stéphane, Oliver et Albus. Si cette coïncidence pouvait s’avérer pour le moins étrange, ce qui inquiétait Albus était surtout que d’ici, ils n’avaient aucun moyen de savoir ce qui avait provoqué le bouclage du bâtiment. N’existant aucun escalier de secours au sein du ministère, il leur était impossible de retourner à l’atrium si les ascenseurs étaient hors-services. Sans baguette, les cheminées bloquées par des grilles de sécurité, il leur était impossible de communiquer avec l’extérieur.

- Mais devinez où ils stockent les baguettes…

D’après Albus, toutes les baguettes magiques confisquées dans l’atrium, que ce soient celles des visiteurs ou celles des employés, étaient rangées dans un même endroit. Or, la sécurité concernait directement le Département de la justice magique : au niveau 2 du ministère de la Magie. Ainsi, théoriquement, ils n’avaient qu’à se déplacer dans les couloirs à tâtons : ils trouveraient bien un jour la salle en question.

- Le seul problème, c’est que le transfert des baguettes magiques est automatique pour éviter que trop de monde soit au courant du système… Et il n’y a actuellement que trois sorciers qui connaissent exactement où se situe le lieu de stockage : le ministre de la Magie, le directeur du Département de la justice magique, et enfin le directeur du bureau des Aurors. Or, monsieur Turg ne travaille pas aujourd’hui, le directeur du Département est en vacances, et le directeur Reynolds doit sans doute être comme tout le monde parti pour Poudlard…

Bien évidemment, la découverte de toutes ces baguettes par un individu mal intentionné représentait une véritable menace qu’il fallait à tout prix écarter ; c’était pourquoi la salle qu’ils cherchaient était hautement protégée par une multitude de sortilèges. En outre, on disait que la pièce était introuvable si « on ne savait pas repositionner le Pôle Nord ». De toute évidence, pour l’instant ils n’étaient pas prêts de remettre la main sur leurs baguettes…

- De toute façon c’est nécessaire, intervint subitement Telford, soudain plein de fougue. Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne compte pas rester ici à attendre seul dans un bâtiment aux couloirs interminables sans rien pour me protéger ! Imaginez seulement qu’il y ait un ours qui sorte de nulle part ! Ou même seulement un lapin adulte ! Vous feriez grise mine, hein ?!

La stratégie suivante fut ainsi adoptée – ou imposée, à voir – : les trois visiteurs iraient chercher la salle à baguettes – de toute façon, si elle n’était connue de personne ils avaient autant de chances que les autres –, pendant qu’Albus et Oliver fouilleraient les bureaux dans l’espoir de trouver le moindre objet arrangeant un peu leur situation. Ceci décidé, les deux groupes se séparèrent dès leur sortie de la salle de réunion : l’un partait vers les ascenseurs ; le second, plus important, se dirigeait vers la gauche de la salle, s’éloignant ainsi au contraire des ascenseurs.

Un véritable labyrinthe. Voilà ce qu’était le ministère de la Magie, et plus ils s’enfonçaient dans les profondeurs du niveau, plus la situation semblait empirer. Il y avait des couloirs un peu partout, des bureaux là où on ne se serait pas forcément attendu à en voir – un bureau était par exemple perché sur un arbre, au milieu d’une très grande salle circulaire –, et surtout tous les murs étaient identiques. S’il y avait des indications sur les angles des couloirs, elles ne leur étaient d’aucune utilité : ce qu’ils cherchaient ne figuraient pas sur les plans du bâtiment.

Ce ne fut qu’une bonne demi-heure après leur départ que les choses commencèrent à prendre une tournure intéressante. Le trio se trouvait à ce moment-là dans un grand couloir circulaire où figuraient en hauteur des pancartes identiques : « Baissez la tête et regardez où vous marchez ! ». Ils avançaient en effet sur un sol en marbre blanc, comme dans beaucoup d’endroits au ministère de Magie, sans cependant rien de spécial. Qu’importe d’ailleurs ce que regardait réellement Stéphane à ce moment-là, car il se cogna le front contre l’air et tomba aussi sec. Maggie et Lou, à l’avant, durent alors se retourner, puisque Stéphane avait auparavant choisi de fermer la marche. Ce fut pour elles le moment de constater pourquoi lui seul avait chuté : il existait un obstacle invisible à environ un mètre quatre-vingts du sol, leur permettant de supposer assez confortablement qu’ils étaient sur la bonne voie. En tout cas, inutile de préciser qu’à cette hauteur, les deux sorcières pouvaient difficilement se faire mal…

Lord Mystago à nouveau sur ses deux pieds et non sur ses fesses, le groupe se mit en devoir de déterminer le contour de l’obstacle invisible : c’était simplement un rectangle, relativement plat, suspendu en l’air. En levant un peu plus les bras – ou en faisant la courte-échelle pour les personnes dans l’incapacité physique d’examiner aussi haut –, ils découvrirent un autre rectangle similaire, légèrement plus rapproché du mur : c’était ‘visiblement’ un escalier. Quand ils se mirent à monter, que tout le monde eût atteint au moins une marche, il leur fallut progresser avec une très grande prudence, au risque de tomber et de devoir tout recommencer. Le plus curieux, toutefois, était que les marches étaient parallèles au mur, ce qui signifiait que l’escalier ne pouvait pas être très long malgré la largeur plutôt importante du couloir. Mais les bousculades à l’arrière eurent raison de leur problème : la personne en tête du groupe fut poussée vers le mur. Si cette fois personne ne se fit mal, le bras de l’éclaireur passa directement à travers la paroi, finalement juste une illusion à cet endroit-là. Quand le trio passa le voile d’illusion, il se retrouva dans une très longue cage d’escalier – dont on voyait les marches, soi-dit en passant –, tournant de quatre-vingt-dix degrés régulièrement. Et plus ils progressaient dans le passage dissimulé, plus l’alarme et le message d’alerte du ministère étaient étouffés. Quelques centaines de marches plus tard, ils se retrouvèrent au beau milieu d’une pièce une nouvelle fois circulaire. Il y avait trois arcades faisant office de portes : une en face d’eux, une à gauche, et bien sûr une à droite. La salle, bas de plafond, était complètement déserte, couverte de glyphes indéchiffrables un peu partout, et rien n’était visible au-delà de cette pièce à travers les arcades : en fait, celles-ci ne dévoilaient absolument rien, protégées une fois de plus par un voile d’illusion – noir. Le seul élément distinct était le chiffre inscrit au centre de la pièce : « 5 ». Il n’y avait qu’un choix à faire : dans quelle direction aller ?

Spoiler:
Représentation du sol de la pièce :


Qu’importe la décision qu’ils prirent ; l’arcade passée ils se retrouvèrent exactement au même endroit, identique en tous points. Ils testèrent les deux autres, sans plus de résultat. Il n’y avait juste rien. Leur mission ayant été un échec, ils abandonnèrent finalement pour retourner auprès d’Oliver et Albus, donc près des ascenseurs, si ce n’était encore plus loin de l’autre côté du niveau. Heureusement, le trajet du retour fut moins long qu’à l’aller… – bien qu’ils avaient a priori tout leur temps. Ils atteignirent ainsi la salle des ascenseurs un quart d’heure après avoir renoncé à la salle des baguettes. Néanmoins, si à la base ils se trouvaient à la recherche des deux bureaucrates du ministère, leur engouement fut stoppé en quelques secondes lorsqu’ils s’aperçurent d’une chose : un des trois ascenseurs n’était pas bloqué par des grilles. Si cette bizarrerie soulevait de nombreuses questions mais qu’ils auraient tout de même pu utiliser l’ascenseur pour remonter à l’atrium, ils se rendirent vite compte que cela leur était impossible : l’ascenseur était verrouillé par une clé qui avait disparu. Au moment de cette constatation, ils entendirent des voix paniquées un peu plus loin. Ils n’eurent aucun mal à identifier les apeurés ; les cris de Telford étaient en effet assez uniques en leur genre… On suppliait de ne pas tuer, d’être clément… On suppliait de ne pas sombrer dans la folie. De toute évidence, eux avaient trouvé la cause de la mise en quarantaine du ministère…

Le trio s’aventura prudemment en direction des cris, faisant bien attention à ne faire aucun bruit puisque non seulement ils n’étaient pas armés, mais en plus ils ne savaient pas à quoi ils avaient affaire. Et ce fut dissimulé à l’intérieur d’un box de police magique qu’ils se tinrent à jour…

- Attendez ! Attendez ! J’ai… J’ai des Gallions ! Beaucoup de Gallions !

- Des Gallions ? répondit un homme avec une voix de bûcheron.

Ceux qui menaçaient Albus et Oliver étaient au nombre de cinq. Des barbus, costauds, tenant hache, hallebarde, couteau, fourche, marteau et lance improvisée avec un bout de bois et une pierre aiguisée. Un type pointait un couteau sur la gorge d’Albus, blême, alors qu’Oliver, lui, était menacé par une lance. Tous étaient habillés de guenilles, mais surtout, tous avaient l’air étranger à toute cette atmosphère.

« Le ministère de la Magie est mis en quarantaine. Veuillez ne pas quitter votre position actuelle. »

Le renouvellement de l’annonce, toujours aussi insupportable pour Lou, la fit sursauter sous la tension, et par conséquent buter dans le bureau. Une plume tomba alors du coin de travail, roula sur le sol au milieu de l’allée sur plusieurs mètres avant de terminer sa course contre la chaise d’un bureau de l’autre côté.

- C’était quoi, ça ?! fit un des inconnus en se retournant vers la plume.

Bien sûr, la chaussure brillante du « grand et svelte » Stéphane Fovrai qui dépassait du box ne pouvait pas passer inaperçue. Et le mage noir devait le savoir, car aussitôt il incita tout le monde à se relever dans un seul but : fuir !

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Message par Magalie Rowen le Jeu 11 Aoû - 2:22

Contrairement au sorcier nommé Albus, Magalie était mal placée pour se moquer de l’inspecteur académique, car même si elle n’était pas encore rendue à se cacher sous sa chaise, la demoiselle tremblait à l’idée de devoir faire face à quelque chose d’imprévu. Elle préféra rester silencieuse et rester près des autres. Elle ne voulait pas paraître faible, même sans sa baguette ! Baguette qu’il fallait à tout prix retrouver, d’ailleurs… Mais où pouvait-elle être ?...

- Mais devinez où ils stockent les baguettes… disait justement Albus.

Miracle, il se pourrait bien que les précieuses baguettes soit au niveau deux du Ministère de la Magie, tout comme eux. Cependant, le bémol était que pratiquement personne ne savait où elles pouvaient bien se trouver, et les seules personnes susceptibles de le savoir n’étaient pas là pour le leur dire… La tâche allait s’avérer plus compliquée que prévu.

- De toute façon c’est nécessaire, intervint alors Telford, comme s’il n’avait jamais douté de lui. Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne compte pas rester ici à attendre seul dans un bâtiment aux couloirs interminables sans rien pour me protéger ! Imaginez seulement qu’il y ait un ours qui sorte de nulle part ! Ou même seulement un lapin adulte ! Vous feriez grise mine, hein ?!

Maggie aurait presque rigolé aux dernières paroles d’Oliver Telford si la situation n’avait pas été si critique. En fait, elle n’était pas si froussarde que ça, comparé à lui ! Mais il avait raison. Ils n’allaient pas rester dans cette salle à attendre que la situation se dégrade encore plus ! Ce fut donc aux côtés de ses deux anciens professeurs que la jeune Maggie s’aventura en dehors de la pièce et prit le chemin des ascenseurs.

Le Ministère avait l’air grand, mais la réalité était bien pire ; la Poufsouffle se demanda rapidement s’ils ne s’étaient pas perdus et avait presque l’impression de tourner en rond. Mais comme à son habitude, elle ne préféra rien dire et se contenta se suivre son ancienne professeur de soins aux créatures magiques qui avait pris la tête de la troupe et devait sûrement mieux s’y connaitre qu’elle quant aux chemins à prendre. Et après une bonne demi-heure de marche, les trois gens croisèrent une drôle de pancarte leur disant de baisser la tête pour pouvoir continuer d’avancer. Craignant de se prendre quelque chose d’invisible, Maggie s’exécuta. Mais ce ne fut sûrement pas le cas du professeur Fovrai qui en tomba sur les fesses avec une grosse bosse au front. Au moins, grâce à lui, ils avaient remarqué un escalier. Il était donc temps de monter… Mais plus facile à dire qu’à faire, car comment savoir où l’on mettait les pieds ? Et la chute devait quand même être douloureuse sur le sol de marbre du Ministère. Un stresse en plus : c’était elle qui était en tête sur cet escalier plus dangereux que pratique. Elle regretta d’ailleurs assez vite de ne pas avoir laissé le professeur Delpierre passer devant elle lorsque celle-ci trébucha et se rattrapa sur la demoiselle, qui elle-même essaya de se rattraper sur le mur d’à côté mais passa carrément à travers ce dernier. Plus de peur que de mal, Magalie se releva de cette petite chute sans trop de problèmes avant de réaliser qu’elle avait atterrit dans une cage d’escalier – visibles, cette fois. Ils montèrent donc tous les marches. Lou Delpierre avait repris la tête de la petite bande, suivit de la Poufsouffle et du grand Stéphane Fovrai. Ils se retrouvèrent bientôt dans une pièce circulaire avec trois arcades en guise de porte et pour décoration d’étranges motifs dont un dessin mystérieux qui ornait le sol. Il était impossible à l’œil humain de voir la vérité dans cette pièce. Et cela se confirma après tous les essais vains que le groupe tenta.

Après un bon moment passé dans cette salle à en devenir fou, les trois personnes décidèrent de rejoindre Oliver et Albus, dans l’espoir que leur recherche à eux ai été plus fructueuse que la leur. Ils atteignirent plus vite qu’à l’allée les ascenseurs et remarquèrent rapidement que l’un des trois ascenseurs ‘était pas bloqué… du moins pas de l’extérieur. Mais ils n’eurent pas le temps de débattre sur ce fait qu’un cri surgit non loin de là, résonnant dans les couloirs aussi vides et froids que la sensation de la mort qui vous toucherait de ses mains squelettiques.

Les cris en question ne pouvaient survenir que d’une personne : Oliver Telford. D’ailleurs, avec les supplications qui leur parvenaient, ils ne pouvaient que vérifier cette vérité. Eux avaient sûrement dû trouver la cause de cette mise en quarantaine… Alors le groupe se rapprocha prudemment pour se cacher dans un box de police.

Les hommes qui s’étaient infiltrés dans le Ministère avait quelque chose d’effrayant, mais la première chose à laquelle Maggie pensa, c’est que c’est personnes en question étaient des moldus. Mais si c’en était vraiment, comment auraient-ils pu venir ici ? C’était impensable… Et puis, de toute façon, ce n’était pas le moment de réfléchir, car déjà le professeur Delpierre avait signalé leur présence à cause de cette alarme qui ne voulait pas se taire. Ils furent vite repérés et Stéphane Fovrai le savait, car il leur ordonna sur le champ de fuir cette menace imprévue.

Sûrement par réflexe, ils se dirigèrent vers la « salle aux milles et une énigmes ». Ils semèrent d’ailleurs assez vite leurs assaillants, à l’architecture du Ministère. Et une fois arrivé dans l’endroit mystérieux en question, Maggie se dirigea vers le dessin tracé sur le sol. Toutes les réponses devaient être là, mais comment comprendre un tel schéma ?... « La vie est un miroir qui reflète nos croyances erronées »… C’est ce que son père lui avait dit une fois. Cette phrase pouvait être prise dans plusieurs sens dont celui dans lequel ils étaient plongés. Un simple Finite Incantatem ne fera sûrement pas l’affaire, ce serait trop simple… Alors quoi ? Ah moins que…


- Peut-être que ce dessin est un plan qu’il nous faudrait suivre pour trouver ce que l’on cherche, murmura-t-elle. Peut-être que, lorsque l’on traverse l’une des arcades, on a l’impression d’être de retour dans la même pièce, mais ce n’est pas le cas… Ce qui voudrait dire que si on prend l’arcade d’en face, il faudrait ensuite prendre celle de gauche, puis cette de droite et enfin celle de gauche pour arriver à quelque chose… Aaahhh ça n’a aucun sens !!

La demoiselle se prit la tête dans les mains. Ses professeurs avaient dû être étonnés qu’elle se mette à parler plus à elle-même qu’à eux car elle n’avait pratiquement pas dit un mot depuis le début des incidents. Mais la Poufsouffle ne s’occupais pas de ça et continuait dans ses réflexions…

- Quoi que… Il faudrait quand même essayer… Et si les baguettes se trouvaient vers le nord ? mais déjà faudrait-il savoir où il se situe ?... Et il faudrait se baser à la première porte prise ou à la direction que prend l’arrivée ?...

Sans prévenir, la demoiselle se retourna brusquement vers le professeur Fovrai et changea complètement de sujet.

- Professeur, croyez-vous que c’est un coup de Lord Mystago ?
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