De Gaby à trépas [PV]

Aller en bas

De Gaby à trépas [PV]

Message par Gabriel Disraeli le Dim 27 Juin - 0:08

Gabriel fixa l’objet posé dans le creux de sa main droite d’un air absent tout en continuant sa traversée des rues bondées de Londres en cet après-midi ensoleillé. Pendant toute son adolescence, elle avait tapé des pieds et des mains pour le récupérer et maintenant qu’elle l’avait, qu’était-elle censée en faire ? Elle qui avait changé de nom afin de recommencer sa vie à zéro et ne voulait plus rien avoir à faire avec son père, voilà que le monde entier savait que Gabriel Disraeli et Gaïa Snape était la même et unique personne. Tout ça pour rien. La jeune femme se passa une main nerveuse dans les cheveux sans quitter son collier des yeux. Son père venait, une nouvelle fois, de lui démontrer qu’on ne pouvait pas lui échapper et même mort, il trouvait encore le moyen de lui pourrir la vie. Enflure.

*Avoues que ça te fais plaisir que je te laisse un héritage. Quel qu’il soit.*


-Tu peux te le carrer là où le soleil ne brille jamais, ton héritage !
aboya-t-elle avec venin et une dame âgée se retourna vers elle en poussant une exclamation outrée.

La voix de son père émit un ricanement qui se répercuta contre les parois de son crâne et Gabriel grinça des dents pour s’empêcher de hurler. Elle lança un regard peu amène à la vieille qui se détourna d’elle et fuit prestement à l’intérieur d’une boutique quelconque. Sa main se resserra inconsciemment autour du bijou alors qu’elle approchait de la cabine téléphonique servant d’entrée aux « invités » du Ministère. Elle ne savait vraiment pas quoi en faire. Une partie d’elle-même – celle toujours autant attachée à l’homme que fut Severus Snape – lui criait d’attacher son si précieux lien avec son père autour de son cou tandis que l’autre partie – celle qui exécrait le Mangemortesque du plus profond de son âme – lui hurlait de jeter l’objet et de ne jamais se retourner. Elle fini par mettre son collier dans la poche arrière de son jean noire, laissant un morceau de la chaîne pendre à l’extérieur de sa poche sans s’en rendre compte et entra dans la petite cabine.

Machinalement, elle tapa le code et colla le combiné contre son oreille. Cela en devenait ennuyeux de venir ici. La même routine. Mais elle n’avait pas le choix si elle souhaitait se débarrasser de sa sœur. Rien de bien définitif, bien sûr, sa sœur était pire qu’un cafard après tout. On croyait en être débarrassé et elle finissait toujours par revenir se pavaner sous votre nez. Et en ce moment, Perséphone ne cessait de fureter du côté de la boutique. Jusque là Gabriel avait réussi à l’éviter en se rendant aux côté d’un client. Ce qui maintenant que la jeune femme y repensait était plutôt bizarre. Voire carrément louche. Connaissant sa sœur, elle n’aurait pas hésité une seule seconde à faire une scène dans la boutique. Devenait-elle raisonnable ? Tu parles ! songea-t-elle. L’enfer aurait le temps de geler avant que ce miracle ne se produise un jour.


-Bienvenue au ministère de la Magie. Veillez indiquer votre nom et l'objet de votre visite.

-Gabriel Disraeli. Je viens au sujet de ma boutique, « Au Petit Potionniste ».


La fin de sa phrase fut dite avec une ironie mal dissimulée. A chaque fois qu’elle voyait l’enseigne de sa boutique ou en parlait elle ne pouvait s’empêcher de ricaner. Elle connaissait un homme froid et austère qui devait se retourner dans sa tombe en sachant ce qu’était devenue sa précieuse petite boutique. Il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne se félicite d’avoir choisi un nom si pathétique. Elle pouvait presque entendre son père grogner et lui dire à quel point elle était une petite emmerdeuse irrespectueuse. En fait non, pas presque. Elle l’entendait. Il y eut un bruit métallique et la cabine se mit en branle. Gabriel reposa le combiné du téléphone et prit le badge. Elle l’attacha à sa chemise à carreaux verte et remonta ses lunettes de soleil dans ses cheveux avec un soupir.

Elle savait déjà à peu près ce qu’elle allait dire au type de l’organisation internationale du commerce magique. Que Perséphone Snape possédait la moitié de la boutique mais qu’elle souhaitait lui retirer ses droits aux vues du fait qu’elle semblait idéaliser Severus Snape. Qui sait, peut-être déciderait-elle de suivre les traces de son père ? Elle n’y croyait pas trop mais elle était une Serpentard et faisait avec ce qu’elle détenait. Elle était même prête à ramener sur le tapis les récents événements de Veranda Bolsd. Bien sûr cela ne jouerait probablement pas en sa faveur non plus compte tenu de la teneur des dits événements. Mais elle n’avait pas voulu y aller. Elle avait refusé catégoriquement quand Azuki avait insisté qu’elle et sa sœur devaient se requinquer. N’importe quoi. Mais quand la jeune Slytherin avait une idée derrière la tête, elle ne l’avait pas ailleurs et il était difficile de lui faire changer d’avis, voir totalement impossible. Gabriel avait finit par céder en se disant qu’elle passerait du temps avec sa meilleure amie et qu’elle n’aurait même pas besoin de parler avec Perséphone. Pas qu’elle aurait eu le temps si elle l’avait voulu de toute façon. La cabine s’arrêta dans une secousse et Gabriel entra dans l’Atrium. Comme toujours, les gens se pressaient aux ascenseurs.

Elle replongea dans ses pensées en traversant le hall en direction du comptoir où sa baguette serait examinée. La panique avait été totale. Un véritable carnage s’était produit sous les yeux impuissants de Gabriel. Elle s’était défendu comme elle avait pu tout en essayant de protéger ceux qui l’entouraient mais elle n’était pas un soldat. Et avait franchement paniqué. Ensuite tout était allé si vite. En voyant le collier que son père lui avait offert pendre au cou de cette gamine, elle avait littéralement vu rouge et lui avait sauté dessus pour le récupérer. Les choses s’était alors compliquées pour sa sœur et elle. Son père avait enchantés les colliers, non seulement pour qu’ils les protègent mais aussi pour qu’elles contrôlent les Inferi et attaquent l’école. Elle posa sa baguette sur le comptoir et l’homme la récupéra. Le même que la dernière fois, remarqua-t-elle distraitement.


-Vingt-neuf centimètre, bois de séquoia et cheveu de vélane, en usage depuis huit ans ?

Ce qui était bizarre, c’est qu’elle ne possédait même pas son collier quand l’attaque avait commencé. Gabriel n’avait donc pas relâché les Inferi et elle savait que sa sœur n’avait pas pu non plus. Elle était pire que de la mauvaise herbe mais n’était pas vraiment méchante. Quelqu’un d’autre l’avait fait à leur place. Qui que ce puisse être cette personne connaissait les plans de Severus. En y repensant, elle ne comprenait pas le geste de son père. C’était tellement peu lui. Qu’il souhaite protéger ses filles, OK. Mais il avait toujours été très clair sur le fait qu’elles devaient faire leurs propres choix sans penser aux autres. Bien sûr, il faisait toujours en sorte pour que ce choix l’arrange en vieux manipulateur qu’il était mais Gabriel se souvenait des conversations qu’ils avaient eus au sujet du fait que le bien et le mal n’existait pas et qu’elle n’aurait jamais de camp à choisir. Alors pourquoi, subitement, décidait-il de les faire agir pour sa cause ?

-Excusez-moi ? fit l’homme blond derrière le comptoir en haussant légèrement la voix faisant revenir Gabriel sur terre. Vingt-neuf centimètre, bois de séquoia et cheveu de vélane, en usage depuis huit ans ? répéta-t-il.

-Mmh. Répondit-elle avec un hochement sec de la tête.

Pourquoi avait-il besoin de son assentiment ? Comme si son truc pouvait se planter, sérieusement. Elle récupéra sa baguette et se retourna pour accéder aux ascenseurs. Mais tandis qu’elle replongeait dans ses pensées, elle rentra de plein fouet dans la personne qui se trouvait juste derrière elle. Elle grogna et releva le nez pour voir son vis-à-vis.

*Ca sent les ennuis* fit la voix de son père dans sa tête et sans même savoir pourquoi Gabriel était d’accord avec lui.



Dernière édition par Gabriel Disraeli le Dim 26 Sep - 20:14, édité 2 fois
avatar
Gabriel Disraeli


Féminin
Nombre de messages : 3262
Age : 30
Localisation : Au siège de la DCNRAA
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
0/200  (0/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Evans Dablord le Mer 30 Juin - 1:22

- Mademoiselle Snape...

Un homme relativement grand se dressait devant elle. Brun, les yeux bleus vifs, il fixait la jeune sorcière – la dévisageait presque. C’était un homme assez jeune pour un sorcier ; la quarantaine tout juste. Ses cheveux, à première vue bourrés de gel, étaient plaqués en arrière. De toute évidence, l'inconnu ne s'était pas rasé depuis plusieurs jours. Tout, dans son attitude, laissait entrevoir un bureaucrate peu courtois, et ses habits ne dérogeaient pas à la règle. Vêtu de gris des pieds à la tête, il portait un costume haut de gamme. Seule la chemise, blanche, animait un peu ce morne tableau. Une fine cravate nouait le cou du sorcier, toutefois signe d'une élégance et d'un goût prononcé pour les mets raffinés. Aussi, malgré l'été, une longue cape nacrée lui descendait jusqu'aux pieds.

Une chose était sure : cet homme connaissait déjà bien le ministère de la Magie. Pourtant, quelque chose de très récent émanait de lui ; une aura de victoire, de pouvoir s’échappait de son allure. Il avait une prestance unique et son assurance laissait entendre qu’il contrôlait parfaitement la situation. Quelle situation ? Le monde Magique tel qu’il se trouvait à ce moment-là, sans doute. Un contexte chaotique en fait. Si les politiciens débattaient jour après jour suite à la destruction de Veranda Bolsd – destruction à laquelle la jeune Snape n’était pas étrangère –, les aurors étaient sans nul doute préoccupés par l’arrivée inattendue d’un nouveau Mage Noir. Si l’Autorité elle-même était préoccupée, la situation avait en effet de quoi faire paniquer. Pourtant, personne ne connaissait vraiment ce sorcier… Personne ne le connaissait du tout d’ailleurs. On savait simplement qu’il avait réussi à semer la zizanie au ministère de la Magie grâce à une bataille improvisée à Sainte Mangouste, et qu’il était parvenu à un coup de maître : assassiner, au sein même du département de la justice magique, le chef de la brigade de police magique. On ne connaissait qu’un nom, peut-être d’emprunt d’ailleurs : monsieur Quinn.
Alors oui, peut-être était-ce tout simplement dû au contraste de la préoccupation générale, mais cet homme, qui se trouvait à quelques centimètres à peine de Gabriel Disraeli, semblait maître de son destin. C’était plutôt rare ces temps-ci.


- Votre réputation vous précède. Vous faites la Une de la Gazette du Sorcier, ce n'est pas étonnant. Oh !...

Changeant les livres qu'il portait de bras, l'inconnu tendit sa main gantée. Un gant gris-argent, comme tout le reste de ses habits.

- Arsène Reynolds. Enchanté.

Si son ton était neutre, il semblait quasiment fasciné par ce que représentait son interlocutrice. Elle était tout de même un des deux héritages du feu terrible Mangemortesque ! Ses yeux, pétillants, trahissaient tout son intérêt. Celui-ci était-il malsain ? C’était difficile à dire, mais il était évident que s’intéresser de près à la descendance d’un Mage Noir ne pouvait en aucun cas être sain. Malgré cela, il n’avait pas les yeux d’un fou ; il avait toute sa tête, bien au contraire.

- Suivant !

L'homme au guichet fit soudain son apparition dans cette scène complètement hors du temps, figée dans le regard de l’inconnu. Il semblait d’ailleurs très impatient. Pour quelqu'un qui n'avait rien d'autre à faire de ses journées, pourtant, il n’avait aucune véritable raison, si ce n’était passer ses nerfs sur ceux qu’il rencontrait. Aussi, il était intéressant de noter que cet air supérieur, cet air qui révélait toute son impatience et son mépris pour les autres, disparut à l’instant même où il reconnut ledit « suivant ». Arsène s'avança alors, non sans garder un œil sur sa fabuleuse trouvaille du jour. Il déposa donc sa baguette sur le comptoir et n'écouta même pas l'employé du ministère, l'esprit trop réquisitionné pour Gaïa, ou plutôt, Gabriel.

- Monsieur le Directeur ?

- Humm… Ah oui, oui...


Il récupéra sa fidèle arme et fit un pas vers la commerçante, laissant ainsi la place à la longue file qui s'étalait devant le guichet.

- Vous avez quelque chose de prévu, à l'instant ?... Oui ? Très bien, j'aimerais beaucoup m'entretenir avec vous. Vous me suivez dans mon bureau, s'il vous plaît ?

Obnubilé par son désir de décortiquer ce qui était pour lui un phénomène, Arsène ne tint pas compte du programme de la jeune femme et se dirigea sans attendre vers l'ascenseur. Malgré le nombre considérable de personnes devant la grille métallique, on les laissa passer d'un air respectueux. Plusieurs saluts fusèrent, auxquels l'homme répondit aimablement d'une voix grave. C’était un comportement réellement étrange pour des sorciers devant toujours devancer le temps. Peut-être était-ce dû au fait qu’ils fussent tous aussi prétentieux que lèche-bottes ?

- Quel étage ? fit l’homme déguisé en maître d’hôtel.

- Niveau 2, s'il vous plaît.

Toujours très poli, Arsène semblait ne jamais oublier les formules d’usage. Il avait l’air de suivre un protocole bien défini, consciencieux dans sa démarche. Lorsqu’il se retourna pour faire face à la foule, comme toutes les autres personnes présentes dans l’ascenseur, il paraissait là-encore avoir obéi à un ordre donné par oreillette. Ce n’était finalement qu’un effet rendu par sa cape, qui cachait presque ses chaussures ; seul son pied gauche avait répondu à un automatisme, celui de faire un demi-tour en pivotant.

La main gauche chargée de porter les quelques livres – sur lesquels aucun nom n’était visible à première vue –, la main droite plongée dans la poche du pantalon, Arsène attendait, très détendu, que le mécanisme démarre. Des notes de service entrèrent précipitamment dans la cage d'ascenseur, et la grille se referma. Comme d'habitude, c’était bondé. Néanmoins, dès le premier arrêt, la grille s’ouvrit et le lieu clos se vida quelque peu. Ainsi, l'air frais fit de nouveau son apparition. Alors que la grille se refermait à nouveau, Arsène observait celle qui pour lui était et restait Gaïa Snape. Un sourire se dessina sur son visage, sans que quiconque pût vraiment savoir pourquoi, et le temps d’une réflexion suffit à arriver à l’étage que cet homme étrange avait demandé.


- Niveau 2, département de la justice magique, annonça soudain une voix criarde. Brigade de police magique, bureau des Aurors, service des détournements de l'artisanat moldu, services administratifs du Magenmagot, cour de justice magique et département de contrôle de l'équipement magique.

Aussitôt, Arsène Reynolds se lança dans une marche régulière à travers les couloirs du ministère de la Magie. « Bonjour ! » lançait-il parfois à quelque connaissance. La plupart du temps, cependant, le sorcier restait silencieux et prêtait peu attention aux bribes de phrases qu’on lui lançait lorsqu’on le croisait. Néanmoins, une chose restait constamment : le sourire que son visage affichait fièrement.
Au bout de quelques minutes de marche, le duo atteignit un bureau, bien à l’écart des autres. Il était d’ailleurs isolé par de grandes vitres, cachées par des stores ; ce n’était sans nul doute pas n’importe quel bureau. Arsène y entra sans frapper. Sur la porte figurait une plaque :
Arsène Reynolds, Directeur du bureau des Aurors.

_________________


Personnage : Arsène Reynolds
Fonction : Directeur du bureau des Aurors
avatar
Evans Dablord


Masculin
Nombre de messages : 16482
Age : 25
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
73/200  (73/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Gabriel Disraeli le Lun 9 Aoû - 19:25

Alors que ses yeux se posaient sur l’homme face à elle, Gabriel sut qu’elle ne l’aimerait pas. Quelque chose chez cette homme, probablement sa posture, ou était-ce ce fin rictus qu’elle croyait déceler derrière son apparente neutralité ?, ne lui disait rien qui vaille. Le regard de son vis-à-vis brillait d’une étrange lueur - pas de folie, ça c’était plutôt son rayon à elle - mais d’une sorte de fascination morbide qui lui donna la chair de poule. Dans sa tête, son père ne cessait de lui répéter d’être prudente. De toute évidence, il n’aimait pas non plus ce type. Ils étaient au moins d’accord sur une chose. Elle grimaça alors que le brun face à elle l’interpellait par son véritable nom. Forcément, le type la connaissait. Elle avait un badge avec son nouveau nom mais, non, il fallait qu’il utilise ce nom qu’elle exécrait du plus profond d’elle-même. Bâtard. La jeune fille grimaça et lança un regard noir à l’homme.

- Disraeli, rectifia-t-elle en sifflant.

Pour qui il se prenait cet espèce de morv’duduc à poil ras ? Non mais franchement, si elle avait changé de nom ce n’était pas fait pour les chiens, bordel ! Elle sentait une colère sourde monter en elle et ses yeux azurés s’assombrirent prenant la couleur d’un ciel de nuit orageux. L’homme quand a lui ne fit pas cas de son interruption et poursuivit sur sa lancée. Plus il parlait, plus Gabriel sentait l’envie d’ensorceler l’homme se faire pressante. Si ce type continuait, elle allait lui faire regretter d’être né. Sa main se resserra sur sa baguette qu’elle n’avait toujours pas rangée. Elle commençait à trembler tant le besoin de lever sa baguette se faisait impérieux. Alors qu’elle finissait par abandonner le contrôle qu’elle gardait sur elle-même jusque là, la voix de son père claqua fortement dans sa tête la faisant sursauter au moment où l’homme se présentait.

*Gabriel !* fut la seule chose qu’il prononça mais ce fut largement suffisant pour que la jeune femme se reprenne.

Elle rangea sa baguette dans son holster attaché à sa cuisse droite. Et posa ses yeux à nouveau d’un bleu céruléen sur la main gantée que lui tendait l’homme. Elle grimaça mais la serra tout de même. Enchanté qu’il avait dit ? Oui, bien ce n’était certainement pas le cas de tout le monde. Gabriel se serait bien passée de rencontrer ce Reynolds, merci bien. Derrière elle, l’homme du guichet parla à Reynolds et celui-ci s’approcha tout en continuant de la fixer d’un regard impénétrable. Franchement, c’était malsain. Il finit par se détourner d’elle l’espace d’une seconde pour récupérer sa baguette et Gabriel relâcha le souffle qu’elle retenait jusque là. Elle n’avait même pas réalisé qu’elle avait arrêté de respirer. Elle était sur le point de s’en aller mais avant qu’elle n’eut ne serait-ce que le temps de faire demi-tour, l’homme revenait déjà vers elle. Elle jura longuement et fit un pas en arrière alors qu’il s’approchait un peu trop près d’elle.


- Oui, j’ai en effet quelque chose de prévu. Fit-elle en réponse à sa question. Alors si vous voulez bien m’excu…

Elle fut coupée par l’homme qui lui demanda de bien vouloir le suivre. Il se dirigea vers l’ascenseur et Gabriel en resta comme deux ronds de flan. Non mais c’était qui ce mec ? Il lui demandait si elle avait des projets mais ne l’écoutait même pas ! Et il avait le culot de s’éloigner sans même s’assurer qu’elle le suivait ! Elle lui emboita le pas, furieuse, pour elle ne savait quelle raison. Vu la file devant les portes, ils en auraient pour un moment et elle pourrait peut-être s’esquiver quand il aurait le dos tourné. Manque de bol – Merlin devait sérieusement la détester, ce n’était pas possible autrement – tout le monde s’écarta pour les laisser passer et ils purent entrer dans l’ascenseur. L’endroit était bondé et Gabriel crut qu’elle allait faire une crise de panique. Elle n’était pas claustrophobe mais là, elle était sur le point de le devenir. Et le fait qu’Arsène Reynolds ne la quittait pas des yeux comme s’il avait peur qu’elle disparaisse le temps d’un battement de cils n’arrangeait certainement pas les choses. Elle se retourna vers lui pour lui asséner une remarque froide et sarcastique bien sentie. Quelque chose comme…

*Ta mère, elle tresse des queues de poneys.* lui souffla son père et elle retint difficilement un ricanement.

Mais avant qu’elle n’ait le temps d’ouvrir la bouche, l’homme eut un sourire et Gaby en perdit tout ses moyens. Elle se détourna de lui et rougit violemment. Non mais c’était quoi ce délire ? Reynolds avait un grain. Sérieusement. Ce type devait aller se faire soigner ! L’ascenseur finalement s’arrêta à l’étage que l’homme avait demandé et Gabriel ne put que le suivre dans les dédales de couloirs vers une direction inconnue. Il saluait tous les gens qu’ils croisaient et se comportait comme s’il était le maître de l’endroit. Elle eut un frisson en se disant que ce ne devait pas être loin de la vérité, vu que l’homme du guichet dans l’atrium l’avait appelé ‘Monsieur le Directeur’. Elle avait fini par reprendre son teint pâle et se demandait maintenant pourquoi elle ne l’avait pas envoyé bouler comme elle aurait fait pour n’importe qui d’autre. Une autre chose la dérangeait énormément. Comment avait-il fait pour la reconnaître ? Elle ne croyait pas se rappeler que les journalistes aient pris une photo d’elle, mais en même temps elle avait été tellement choquée par les événements de Veranda qu’elle n’avait pas vraiment fait attention à son environnement. Elle eut un reniflement méprisant. Ne manquait plus que ça, qu’elle ait sa tête placardée sur tous les murs. La jeune femme et l’homme finirent par atteindre le bureau de ce dernier. Gabriel releva le nez et avisa la plaque sur la porte. Elle se figea et ses yeux s’écarquillèrent.

*Quoi ?!* s’écria son père dans sa tête. *Directeur des Aurors ? Mais ce n’était pas…*

*Si,* répondit-elle à son père. *C’était Evans Dablord.*

*On est dans la merde…* grinça-t-il alors qu’elle finissait par entrer dans le bureau et refermer la porte derrière elle.

Elle fit quelques pas hésitant dans la pièce et posa son regard sur Arsène Reynolds. Elle avait tout l’air d’une biche prise au piège devant les feux d’une voiture lui fonçant dessus à toute allure. Il ne s’était pas départi de son sourire et elle ne put que se sentir encore plus mal. Ce qui allait suivre n’allait pas lui plaire, elle le savait. Mais il fallait qu’elle demande. Elle prit le peu de courage qu’elle possédait à deux mains et se jeta à l’eau.


- Qu-Qu’est devenu l’ancien Directeur ?

Elle s’insulta mentalement alors que sa voix tremblait violemment et se passa une main agitée de tics nerveux dans les cheveux, les dégageant de son visage avant de réajuster ses lunettes. Alors qu’au début, Arsène Reynolds ne lui avait donné qu’un sentiment de malaise dû à cette espèce d’obsession malsaine qu’il semblait avoir pour elle, elle était maintenant totalement tétanisée par la peur. Inconsciemment, sa main droite se crispa sur son holster mais elle ne dégaina pas sa baguette pour autant. Elle semblait déjà en mauvaise posture parce qu’elle existait, alors il ne valait mieux pas attaquer l’homme même si elle se sentait en danger. Cela ne ferait que compliquer les choses. Elle était innocente et n’avait jamais rien fait de mal. Il ne pouvait rien lui faire. Jamais. Et alors qu’un étrange silence s’installait dans la pièce, elle ne réalisa pas que la voix de son père s’était tue comme si, lui aussi, se sentait menacé.


Dernière édition par Gabriel Disraeli le Dim 26 Sep - 20:16, édité 1 fois
avatar
Gabriel Disraeli


Féminin
Nombre de messages : 3262
Age : 30
Localisation : Au siège de la DCNRAA
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
0/200  (0/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Evans Dablord le Mar 10 Aoû - 18:12

Entrant dans le bureau en toute assurance, Arsène Reynolds retint la porte le temps que la jeune femme pénètre à l’intérieur de la pièce puis la referma délicatement. A l’intérieur du bureau, tous deux pouvaient observer, malgré les stores à moitié dépliés, l’étage s’agiter. Des sorciers passaient et repassaient, véritables témoins de cette heure de pointe. Cependant, tous n’étaient pas identiques : alors que certains semblaient parfaitement sûrs de leurs mouvements – quoique beaucoup moins que le Directeur du bureau des Aurors –, d’autres suivaient littéralement leurs congénères. Ils se trouvaient en effet au département de la justice magique, qui plus est dans les bureaux des sorciers d’élite ; les arrestations étaient donc plus que fréquentes.

Cette curieuse agitation ne put être observée plus longtemps, le Directeur Reynolds déroulant entièrement le store afin d’être tranquilles. Craignait-il qu’on l’espionnât ? Voulait-il au contraire cacher à ses collègues ce qui allait se passer dans cette pièce ? Les deux propositions étaient sans doute toutes aussi probables l’une que l’autre. A vrai dire, avec cet homme, on pouvait s’attendre à tout… Il était si… mystérieux – bizarre – étrange… Peu commun par rapport aux autres employés du ministère, surtout. Tout sourire, on ne pouvait réellement déterminer ses pensées et ses sentiments, comme si la politesse et la courtoisie l’habitaient littéralement.

L’ancienne élève de Veranda Bolsd n’était de toute évidence pas très à l’aise. Alors qu’elle se tenait toujours debout, droite comme un I, Arsène, lui, prit tout le temps nécessaire pour enlever sa cape en toute délicatesse et l’accrocher sur un porte-manteau, dans un coin du bureau. Il revint ensuite vers le bureau en lui-même et s’installa dans un très confortable fauteuil en cuir marron, qui comportait deux accoudoirs afin que son propriétaire s’y reposât. De l’autre côté de la pièce, celui où les invités s’y tenaient, étaient disposés deux sièges élégants mais toutefois relativement discrets, ainsi qu’un sofa noir, en cuir lui-aussi. En face des vitres donnant sur les autres bureaux du service, une grande fenêtre rectangulaire apportait un peu de lumière dans la pièce.

Gabriel osa enfin lâcher la question qui semblait lui brûler les lèvres depuis quelques minutes. Arsène ne parut pas le moins du monde surpris, et se contenta pour seule réponse de lui présenter un siège en face de lui. Son attitude laissait clairement entendre qu’il ne répondrait pas tout de suite à sa question ; c’était un effet qu’il aimait donner afin de dissiper tout doute sur la personne qui détenait le pouvoir.


- Vous ne me connaissez pas, mademoiselle Snape, mais moi je vous connais… Très bien, même.

La façon dont il distinguait chaque mot, étirant le plus longtemps possible chaque instant de suspense, pouvait dire plusieurs choses. Une seule était sure : aussi diplomate qu’il fût, il n’avait pas invité Gabriel à le suivre dans son bureau juste pour le plaisir de rencontrer en personne la fille du Mangemortesque. Il avait quelque chose derrière la tête…

- Voyez-vous, je travaille dans ces bureaux depuis quelques années, déjà. Bien sûr, j’avais déjà entendu parler de vous à de très nombreuses reprises. Bien que peu osent l’avouer, il est évident que vous avez longtemps été une des principales préoccupations des Aurors du fait de votre ascendance, et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Je suppose que vous vous doutez que les récents événements qui ont eu lieu à Veranda Bolsd n’ont pas contribué à améliorer votre réputation… et votre étonnante mais courageuse tentative de devenir quelqu’un d’autre par un changement de nom s’est ainsi révélée inutile.

Faisant une courte pause, Arsène se pencha vers le bas de son bureau en retenant sa cravate avec son bras, pour ouvrir un tiroir et en tirer un dossier où figurait un « M » noir : l’emblème du ministère de la Magie. Il l’ouvrit devant son interlocutrice et en sortit plusieurs photos du procès, où l’on voyait notamment les colliers ensorcelés se réunir et former un seul et même objet d’où il semblait se dégager un étrange phénomène… L’intervention post-mortem de Severus Snape était en effet inaudible.

- Pour tout vous dire, ces clichés me passionnent, mais je regrette de ne pas pouvoir revivre une nouvelle fois cet événement de mes propres yeux.

Laissant ses yeux envieux errer sur les documents, il repensa un instant à ce jour. Il se trouvait parmi l’assistance, en parfait inconnu. A ce moment il n’était en effet qu’un Auror parmi les autres, et bien peu savaient alors quelle fonction il allait bientôt occuper. Il avait ainsi assisté avec intérêt à cette déjà célèbre scène du monde Magique – qui avait fait la Une des journaux pendant plus d’une semaine – et avait eu plusieurs heures pour observer les sœurs Snape. Déjà, il savait quel danger elles représentaient.

- Il faut vous rendre à l’évidence : vous ne pourrez aisément rester anonymes, vous et votre sœur. Le monde Magique vous connaît, et vous représentez pour chacun un atout potentiel non négligeable. Évitons de tourner autour du pot : on vous recherche, mademoiselle Snape. Et quand je dis « on », je ne parle pas de moi ou du ministère de la Magie ; je parle des autres, ceux qui n’ont aucun scrupule à tuer. Vous êtes en danger, Gabriel.

Le Directeur ne semblait ni inquiet, ni préoccupé du bien-être de la jeune femme. Il agissait pour une toute autre raison, et il comptait bien devancer ses adversaires.

- Je ne vous mentirai pas : votre situation est très loin d’être envieuse. Étant la fille de Lord Snape, vous attirez maintes intentions, et vous avez en plus de cela auparavant connu la puissante protection d’Evans Dablord. Ne comptez pas sur votre sœur pour vous serrer les coudes ; vous attireriez plus la foudre sur elle qu’autre chose. Non, Persephone ne connaît absolument pas la même situation que vous. Le monde Magique la respecte pour sa profession. On le craint, certes, mais personne n’oserait s’attaquer à elle, pour la simple et bonne raison qu’elle n’est pas manipulable.

L’insulte qu’Arsène venait de lui lancer indirectement ne sembla par préoccuper celui-ci outre-mesure.

- Disons, pour simplifier, qu’elle ne sert à rien à ceux qui vous recherchent, à part s’ils veulent la neutraliser… définitivement. Votre situation, elle, est bien plus compliquée. Il va être temps de choisir.

Reynolds la fixait droit dans les yeux, comme s’il sondait son esprit. Elle ne devait sûrement pas apprécier ce qu’elle était en train d’entendre, mais il était loin d’avoir fini. Mettant les fameuses photos de côté, le sorcier dégagea du dossier un parchemin sur lequel figuraient bien des choses…

- Vous avez passé votre enfance en Angleterre et vous avez fait une partie de vos études à Veranda Bolsd. Vos parents ont alors été jugés par le Magenmagot à une dizaine d’années d’emprisonnement pour complicité dans différents crimes commis par Lord Voldemort – ils en sont d’ailleurs à plus de la moitié, actuellement. Votre mère devrait sortir sous peu il me semble, puisqu’elle a été condamnée à… 7 ans, apparemment. A ce moment, il apparaît aussi qu’il existe quelques tensions entre vous et Evans Dablord… Il vous a ainsi, lors de ce procès, confisqué le bijou qui a étonnamment refait son apparition lors de l’épisode… disons… post-destruction de Veranda Bolsd. Parallèlement à cela, votre père a plusieurs mois travaillé pour Dablord en tant que Maître des Potions, avant de kidnapper son supérieur et de révéler au grand public sa véritable nature : leader de tous les mages noirs d’Angleterre. Dablord réapparaît ensuite subitement, sans que quiconque comprenne comment, puis se met à disparaître épisodiquement et à refaire surface, comme si de rien n’était. Lorsque Lord Snape attaque directement Veranda Bolsd et fait deux morts, Dablord le tue. Ce n’est pas étonnant, bouleversé comme il a dû être après la mort de son fils…

Arsène leva un sourcil lors de cette dernière phrase et laissa entrevoir l’espace d’un instant un sourire plus qu’ironique.

- Un hommage funèbre a ensuite lieu à Godric’s Hollow, où, là encore étrangement, vous remerciez votre professeur. Dablord tue alors monsieur Nott, avec qui vous étiez très intimes, paraît-il… Il plaide alors la folie, et revient peu de temps après à Veranda Bolsd, alors que vous vous exilez aux Etats-Unis. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais récemment, à peu près lors de votre arrivée en tant que « Gabriel Disraeli », un incident a eu lieu à Veranda Bolsd. Un sortilège a mal tourné et le professeur Fovrai a dû emmener un jeune Serdaigle à Sainte-Mangouste. Comble de l’ironie, c’est à ce moment-là qu’une terrible bataille commence entre vampires, mangemorts et des autorités plus ou moins compétentes… Et puis, lorsque vous revenez à Veranda Bolsd pour la première fois depuis les tragiques événements tels que la mort de votre père, et que vous retrouvez enfin votre sœur, une terrible invasion d’Inferi a lieu, détruisant complètement le château.

Rassemblant tous les documents sortis, il referma alors le dossier et le rangea à son emplacement initial. Il se laissa ensuite tomber dans son fauteuil et, un bras sur un accoudoir, l’autre tenant son menton, expliqua où il venait en venir.


- Dans ces circonstances, vous comprendrez qu’il est normal que le monde Magique s’interroge. On ne peut lui en vouloir de vous accuser de tous les crimes de votre père… Néanmoins, je ne crois pas que votre cœur soit si noir qu’on le dit. Disons que vous vous êtes toujours retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment… La relation qui s’est nouée entre vous et Dablord est extrêmement complexe, mais d’une manière générale, il vous a toujours protégé. Le problème, là encore, c’est que Dablord n’était pas blanc comme neige… Le monde Magique l’a longtemps soutenu alors qu’il a toujours plus été une source de problèmes qu’autre chose. Heureusement, il semble qu’il s’en soit rendu compte. Pour répondre à votre question initiale, Evans Dablord a disparu, peu après le procès de Veranda Bolsd. Personne ne l’a revu depuis. Cependant, il m’est d’avis que, s’il n’était pas parti, le ministère de la Magie n’aurait pas tardé à lancer des procédures judiciaires contre lui. Ainsi, on fait le ménage, on se débarrasse de la vermine… Bref, choisissez l’expression qui vous convient le mieux. Son adjoint a été licencié, malgré son soutien infaillible auprès de Charles Gomirez, et j’ai été nommé à leur place, cette fois seul au poste. A présent que Dablord ne dirige plus ce bureau, vous ferez l’objet d’une enquête approfondie. Bien sûr, nous savons à peu près tout sur le sujet, mais vous n’êtes pas sans savoir que beaucoup de sorciers veulent votre tête, et cette enquête ne sera qu’une façade pour vous mettre hors d’état de nuire. Heureusement pour vous, je suis moins radical que mes collègues. Eux considèrent que vous êtes autant une criminelle que votre père ; moi, simplement que vous représentez un danger dont je devrai me méfier. A cause de votre ascendance et du collier dont votre père vous a fait cadeau, Lord Mystago cherchera à vous recruter. Si cela venait à se produire, il va sans nul doute que vous n’aurez aucun droit à un procès en bonne et due forme : vous serez tout simplement abattue.

Arsène se redressa subitement, ses yeux perçants fixés sur ceux de Gabriel.

- Il est temps de choisir, mademoiselle Snape. Ou bien vous devenez la criminelle que tout le monde soupçonne, ou bien vous prouvez au monde que votre père n’a eu aucune influence sur vous. Si vous choisissez cette dernière option, et tant que vous serez fidèle à nos services, je serai pour vous un soutien sans faille. Comprenez bien ceci, mademoiselle Snape : je vous propose un emploi, et je peux vous donner n’importe quelle identité.

Il reprit alors sa position précédente, terminant ainsi son monologue :

- En échange, je veux que vous infiltriez l’ennemi. Votre père a trouvé un remplaçant ; il se fait connaître sous le nom de « Lord Mystago ». Mes collègues sont convaincus que c’est Quinn, dont tous les journaux parlent en ce moment. Je suis persuadé que ce n’est qu’un sous-fifre, et je veux donc savoir qui est derrière tout cela. Coopérez, et je tiendrai mes promesses.

_________________


Personnage : Arsène Reynolds
Fonction : Directeur du bureau des Aurors
avatar
Evans Dablord


Masculin
Nombre de messages : 16482
Age : 25
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
73/200  (73/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Gabriel Disraeli le Jeu 26 Aoû - 19:46

Gabriel n’était pas une jeune fille que l’on pouvait impressionner facilement. Elle avait, après tout, été élevée par Severus Snape, et l’homme avait toujours misé sur son habilité à terrifier les autres pour se faire obéir, même avec ses filles. Pourtant, la brune était en ce moment même totalement tétanisée par la peur, aussi ridicule que cela puisse paraître. L’homme en face d’elle lui inspirait un tel sentiment d’insécurité, un tel malaise, qu’elle se sentait trembler de tous ses membres. Elle n’avait jamais eu peur de Severus, pour la simple et bonne raison qu’il était si puissant et si impressionnant qu’avoir peur de lui semblait tout à fait ridicule. Mais Reynolds c’était une tout autre histoire. Bien sûr, il possédait une certaine prestance, mais elle était tout à fait déplacée dans le contexte dans lequel il évoluait. Et c’est ce qui faisait peur à Gabriel. Il était si serein que c’en était malsain. Elle le regardait évoluer dans son bureau avec l’air d’une proie traquée surveillant les allées et venues de son prédateur. Quand il ferma les stores des vitres, la jeune fille ne put s’empêcher d’imaginer un piège se refermant sur elle. Sa seule envie était de fuir à toutes jambes et ne jamais recroiser la route d’Arsène Reynolds. Mais elle savait au fond d’elle-même qu’il ne la lâcherait pas. Non, l’homme était probablement de ceux qui, une fois qu’ils ont trouvé un os à ronger, ne s’en séparent plus.

Reynolds ne répondit pas à sa question et se contenta de lui montrer un siège où s’installer. Gabriel détestait ça mais elle ne pouvait pas vraiment dire quelque chose et opéra sans grand enthousiasme. Alors qu’elle allait réitérer sa question, l’homme consentit à ouvrir la bouche, mais ce fut pour lui dire d’une voix lente et contrôlée qu’il la connaissait. Quoi de neuf sous le soleil ? Le monde entier la connaissait sans vouloir paraître mégalomane. Alors que le chef des Aurors la connaisse ne l’étonnait pas vraiment. Pour ce qu’elle en savait, il devait même être au courant de la dernière fois qu’elle avait mangé une pomme. Après les évènements de Veranda, elle s’attendait à être surveillée. Elle avait soi-disant disparue de la surface de la terre puis on le retrouvait sous un autre nom, cela avait de quoi rendre suspicieux n’importe qui. Qui sait ce qu’elle avait eu en tête en changeant d’identité ? Qui pouvait assurer que c’était uniquement par soucis d’anonymat ? Pour ce que la populace connaissait d’elle, elle avait sûrement fait ça afin de monter un quelconque coup d’état en secret. C’était le genre de raisonnement que Gabriel méprisait mais c’était malheureusement celui du commun des mortels et Reynolds semblait sous-entendre la même chose dans son monologue.

Elle tressaillit involontairement lorsqu’il sortit un dossier de l’un de ses tiroirs. Depuis son internement, elle avait une certaine répulsion pour les dossiers qu’on lui mettait sous le nez. Combien de fois le Dr Farley, lui avait sorti son propre dossier ? Combien de fois, lui avait-il dit qu’il fallait qu’elle fasse un effort s’il elle voulait se sortir de là ? Farley n’était pas un vieil homme méchant, mais il était bien trop campé sur ses positions et ne voyait jamais plus loin que les règles qu’il avait lui-même imposé à l’Institut Psychiatrique dont il était le Directeur. Et si un patient n’évoluait pas comme il le souhaitait, il avait la sale manie de le convoquer dans son bureau pour une petite discussion avec dossier comme preuve à l’appui. Ces discutions – plutôt à sens unique au début de la thérapie de Gabriel – avaient toujours eu le don d’énerver la jeune fille. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait fini par casser quelque chose dans le bureau du bon vieux Dr Farley. Toujours est-il que Reynolds commençait assez mal leur entrevue. Et les photos qui se dégagèrent des feuilles cartonnées ne firent rien pour réfréner le dégout de la jeune Disraeli. Ses yeux se posèrent sur les clichés et elle se figea écoutant d’une oreille la suite du monologue de l’Auror et de l’autre, elle réentendait les propos si déplacé de son défunt père.

Elle fut néanmoins sortie de ses rêveries par une phrase de l’homme qui la désarçonna. Elle fit glisser son regard des photos au visage de Reynolds d’un air ahuri. Qu’est-ce que l’homme voulait dire par ‘On vous recherche’ ? Et qu’il arrête avec son ‘Mademoiselle Snape’ par l’enfer ! Il ne pouvait pas l’appeler par son ancien nom de famille et par son nouveau prénom. Il était attardé ou quoi ? C’était soit l’un, soit l’autre mais qu’il se décide, bon sang ! Elle fronça les sourcils alors que face à elle, le Directeur des Aurors continuait sur sa lancée. Il était parti, plus personne ne pouvait l’arrêter. Peu à peu, l’effroi que ressentait Gabriel se mua en consternation face à la diatribe de l’homme.

*Lord Snape ?* songea-t-elle en haussant un sourcil. *C’est nouveau ça, t’es devenu un Lord, paternel. Bientôt, ce mec va m’appeler Milady.*

Seul un profond silence intérieur lui répondit et Gabriel ne put s’empêcher de se poser des questions. Où est-ce que la voix de son père était partie ? Est-ce qu’elle pouvait partir au moins ? Valait mieux que non parce que sa tête n’était pas un hôtel. On n’y entrait pas quand on le voulait ! Probablement que la voix avait trop peur de Reynolds pour l’ouvrir. Tant mieux.

N’empêche que plus le temps passait et l’homme parlait et plus Gabriel sentait la colère grandir au fond d’elle-même. Qu’est-ce que c’était que cette histoire comme quoi elle était manipulable et pas sa sœur ? Elle n’était pas manipulable ! Personne ne s’était jamais servi d’elle et ce n’était pas aujourd’hui que cela allait commencer. Il semblait vouloir tout faire pour le mettre en rogne et le pire c’est que cela fonctionnait relativement bien. Elle n’en avait plus rien à secouer de ce que Dablord avait bien pu devenir. Elle voulait juste qu’il se taise. Elle était prête à exploser quand il finit par lui faire une proposition qui changea sa colère bouillonnante en une colère sourde et froide et c’est avec un calme olympien qu’elle attendit la fin de son monologue pour lui réponde. Quand l’homme finit par se taire, c’est avec le même calme glacé qui s’était emparé d’elle quelques instant plus tôt qu’elle se redressa légèrement sur son siège afin d’avoir accès à la poche arrière de son pantalon. Elle y glissa la main et retira le collier qu’elle y avait mis peu de temps avant. Elle le tint devant les yeux de Reynolds une seconde avant de se pencher en avant pour le poser sur son bureau. Au moment où elle ouvrait la bouche pour donner sa réponse, la voix de son père, sachant d’avance ce qu’elle allait dire refit son apparition.

*Ne fait pas ça, Gabriel !*


- Allez vous faire voir. Déclara-t-elle d’une voix basse et cette annonce était autant pour l’homme qu’elle regardait droit dans les yeux avec un visage fermé que pour la voix dans sa tête qui la poussait à changer d’avis. Mettez-moi en prison, abattez-moi, je m’en contre-fiche. Mais je ne rejoindrai jamais les rangs de votre Lord machin-truc. Je refuse de devenir une meurtrière.

Elle se leva et sans jamais quitter les yeux de Reynolds des siens, qui étaient d’un bleu glacé, s’appuya des deux mains sur le bureau de l’homme. La peur qu’elle ressentait pour sa vie auparavant avait été balayée par l’indignation à l’idée même d’avoir à tuer des innocents.

- Je n’ai rien à faire de vos, soi-disant, promesses. Tout ce que vous voulez, c’est un pion que vous pourrez sacrifier à votre guise quand le moment viendra. Mais je suis navrée, nous ne sommes pas sur un échiquier. Il est hors de question que je serve de brebis sacrificielle. Vous vous êtes trompé de personne, trouvez vous quelqu’un d’autre.

Elle recula d’un pas et croisa les bras sur sa poitrine. Elle ne devait pas faire de pause trop longue où l’homme placerait une remarque qu’il lui ferait perdre son calme. Bien sûr qu'il n’allait pas apprécier sa réponse mais elle n’en avait rien à faire. Elle s’était promis le jour de sa sortie de Godshill qu’elle ne deviendrait jamais comme son père et elle comptait bien s’y tenir. Toute sa vie, on l’avait catalogué comme étant de la mauvaise graine parce qu’elle était la fille de Severus Snape. Elle-même avait souvent cru en les principes de son père au sujet du Bien et du Mal mais aujourd’hui tout était différent et elle avait le choix. Et ce choix était déjà fait. Elle ne sombrerait pas dans les ténèbres. Elle eut un léger vertige alors qu’elle sentait une brûlure au niveau de son crâne et ferma les yeux le temps d’un battement de cils. Quand elle les rouvrit, rien ne semblait avoir changé dans la pièce et pourtant quelque chose venait de se produire. Une rupture venait de s’opérer, une fissure intérieure creusant un peu plus le gouffre s’éparant Gabriel de Severus.
avatar
Gabriel Disraeli


Féminin
Nombre de messages : 3262
Age : 30
Localisation : Au siège de la DCNRAA
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
0/200  (0/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Evans Dablord le Mar 12 Oct - 17:22

Le nouveau Directeur du bureau des Aurors, Arsène Reynolds, était assurément quelqu’un de spécial. Si son comportement plein d’assurance et d’élégance était relativement étrange en cette période d’hostilités sorcières, il semblait garder en lui beaucoup de secrets peu communs, et surtout à faire froid dans le dos. Non, Arsène n’était pas un sorcier comme les autres ; c’était le moins qu’on pût dire. Tout avait une explication, mais il valait parfois mieux taire certaines vérités. En outre, le secret propre à l’auror était autant une force qu’une faiblesse, mais c’était justement à cause de cela qu’il était désormais la personne la plus apte à occuper le fauteuil de la direction des sorciers d’élites du monde magique anglais. C’était cette infime partie de lui qui le rendait si dangereux… une partie peut-être pas si infime que cela, d’ailleurs. Et cette information n’était connue que de deux personnes.

Sans jamais laisser transparaître son trouble à être ici, Arsène Reynolds attendait, patiemment, bien assis au fond de son luxueux fauteuil. Il attendait la réponse de la Serpentard, une réponse qu’il espérait bien sûr affirmative. Toutefois, il n’était pas du genre à se laisser dire non, et c’était pourquoi il avait aussi envisagé la seconde hypothèse.

Le calme apparent du Directeur disparut soudainement, et ce pour la première fois, lorsque de la poche arrière de Gabriel apparut un collier… Le collier. Celui que tout le monde redoutait, et qui avait causé tant de malheurs ces derniers temps. Arsène aurait été prêt à arrêter celle qui se tenait devant lui rien que pour s’emparer de l’objet ; il fallait à tout prix l’étudier. Malheureusement, l’ancien ministre, Charles Gomirez, n’avait pas été assez ferme à ce sujet, et bien sûr l’influence considérable du professeur Dablord à ce moment avait suffi à leur faire perdre le contrôle du précieux bijou. Tout cela pour se faire pardonner de l’avoir un jour confisqué… Non, le nouveau Directeur ne portait pas son prédécesseur dans son cœur, mais c’était peu étonnant ; à son arrivée au poste il avait dès le départ annoncé une rupture avec la politique précédente.

Le collier était posé sur le bureau, apparemment inoffensif. Penché sur son siège pour mieux observer l’objet en question, Arsène regardait d’un œil fasciné ce qui était l’un des artefacts les plus dangereux du moment. Sa main avait bien du mal à se retenir et à ne pas se jeter sur le bijou pour s’en emparer. La tentation était grande. Pourtant, Arsène n’en fit et se redressa, comme si de rien n’était, lorsque Gabriel prit la parole, pour finalement refuser catégoriquement la proposition qui lui avait été faite.


- C’est une idée à présent admise, répondit très calmement Arsène, toujours avec un franc sourire, avant que la jeune femme se lève.

Gabriel commença alors une mini-tirade évoquant toute sa détermination à rester intègre, à laquelle le Directeur prêtait une oreille attentive. Il voulait en effet connaître le plus d’informations possible sur ceux qui façonneraient bientôt le monde, mais, plus que cela, semblait honnêtement croire à ses paroles. Après tout, l’idée que mademoiselle Snape ne rejoignît pas les mangemorts était plutôt une bonne nouvelle, qu’acceptait volontiers le patron des locaux malgré son agacement face aux arguments qu’on lui lançait.


- Très bien, comme vous voudrez. Vous êtes libre de refuser, bien entendu.

L’entretien touchant à son terme, Arsène se leva et contourna le bureau tout en finissant sa phrase.

- Toutefois… si un jour vous aviez quelques menus problèmes, sachez que la porte de ce bureau vous sera toujours ouverte, tant que vous resterez profondément irréprochable, il va de soit.

L’homme garda ses yeux rivés sur Gabriel pendant quelques secondes, tout sourire, avant de reporter son regard sur le collier, resté sur le bureau. Arsène s’approcha alors de la porte tout en désignant d’un geste le bijou.

- Je vous laisse reprendre ce qui vous appartient de droit.

Dès que l’objet fut rangé, Arsène laissa tomber sa main sur la clenche pour finalement ouvrir la porte, et juste avant que la femme partît, il lui serra la main chaleureusement, enthousiaste malgré le refus et la colère de Gabriel.

- J’espère que nous nous reverrons très bientôt, mademoiselle. Et surtout, gardez très précieusement ce que vous avez là ; il serait en effet extrêmement regrettable que cela tombe entre de mauvaises mains.

Sur le pas de la porte, Arsène observa la Serpentard s’éloigner et sans doute rejoindre le plus rapidement possible l’ascenseur vu la fureur qui semblait bouillir en elle. A présent, il était fixé : elle ne l’aiderait pas, et qu’elle décidât de suivre la voie de son père ou non, elle restait un élément dangereux à ne pas négliger… car elle pourrait sûrement facilement faire avancer leur enquête, à savoir déterminer l’identité de Lord Mystago. Il était évident qu’elle entrerait bientôt en contact avec des mangemorts, qu’elle le voulût ou non, et une surveillance accrue s’avèrerait donc nécessaire. D’ailleurs, il arriverait bientôt le moment de récupérer le collier, avant qu’il disparût de la circulation et devînt par conséquent plus dangereux que jamais, apte à détruire le monde magique en un clin d’œil si quelqu’un d’autre arrivait à le contrôler.

- RODOLPH !

Sous le cri autoritaire du Directeur, tous les agents présents sursautèrent, peu habitués à entendre leur nouveau chef élever la voix. Néanmoins, ce cri n’était en aucun cas la démonstration d’une quelconque irritation, mais simplement une urgence à régler au plus vite. Par conséquent, le sorcier désigné arriva devant Arsène en une demi-seconde, et celui-ci, toujours aussi courtois, mit à exécution son plan B. Ils restèrent ainsi moins d’une minute dans le bureau, le temps qu’Arsène rappelât toutes ses consignes, exposées quelques jours plus tôt lors de leur premier briefing post-destruction de l’école de sorcellerie Veranda Bolsd.

- Surveillance permanente, discrète mais efficace. Restez à bonne distance de la cible ; les mangemorts gardent déjà sûrement un œil sur elle. Rapports réguliers, travaillez en autonomie, relève toutes les trois heures. Variez les agents le plus souvent possible, et évitez la nourriture à emporter et tout ce qui peut mettre sur la piste d’une planque. Et bien sûr, dès que vous le pouvez, échangez le collier avec une réplique et un mouchard.

Arsène Reynolds n’était payé que pour une seule chose : déterminer la véritable identité de Lord Mystago, et c’était bien ce qu’il comptait faire. Rodolph parti, l’homme referma la porte de son bureau à clé et, les stores toujours fermés, ouvrit délicatement un tiroir de l’armoire qui se trouvait au fond de la pièce. Saisissant alors la boîte qu’il visait, il alla s’asseoir dans le sofa en cuir et contempla longuement ce qu’il tenait entre ses mains, parlant à voix basse sans que quiconque pût l’entendre.

- Ne t’inquiète pas, tu vas servir… Bientôt. Tout ceci n’est qu’une question de temps, et pendant ce temps-là on est les maîtres à bord. Dès que la mission sera terminée, tu retrouveras ta liberté… Peut-être même avant.

_________________


Personnage : Arsène Reynolds
Fonction : Directeur du bureau des Aurors
avatar
Evans Dablord


Masculin
Nombre de messages : 16482
Age : 25
Non averti

Feuille de sorcier
Nature: Humain
Expérience M.V.: Niveau I
Expérience M.V.:
73/200  (73/200)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: De Gaby à trépas [PV]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum